Céline de la Roche

Vendredi 19 octobre 2012

par Céline de la Roche

ArtsExpositions

Monet

Il était une fois l’impressionnisme : 100 jours pour se laisser envoûter !

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) nous a offert la chance de découvrir des chefs-d’œuvre principalement de la peinture française du Clark avec des tableaux de Renoir, Bonnard, Corot, Degas, Manet, Millet, Morisot, Pissarro… Cette exposition consacrée à l’impressionnisme est une première au Québec. De la genèse à son héritage, vous êtes conviés à découvrir, ou redécouvrir, ce mouvement de peinture, le plus apprécié et le plus populaire de XIXe siècle, qui a bouleversé à son époque le monde de l’art en Occident et marqué de profonds changements.

Collection privée du Clark

En pleine tournée internationale, l’exposition Il était une fois l’impressionnisme : chefs-d’œuvre de la peinture française s’est arrêtée à Montréal durant trois mois. Cette sélection fait partie de la collection privée de Robert Sterling Clark (1877-1956), surnommé Mr. Anonymous, héritier de la compagnie des machines à coudre Singer. Pendant près d’un demi-siècle, il a rassemblé en toute discrétion un grand nombre d’œuvres de maîtres qui ont constitué l’une des trois plus belles et riches collections de ce type en Amérique du Nord. En 1955, il inaugure avec sa femme, Francine Clark, l’Institut Sterling and Francine Clark Art Institute dans le Massachusetts aux États-Unis, qui nous présente aujourd’hui cette exposition.

L’impressionnisme

 

Jan

 

C’est toute cette révolution de la peinture française dont on propose le souvenir avec la collection de Clark. Lors de la seconde moitié du XIXe siècle, les artistes impressionnistes, alors critiqués, créent une rupture de l’art moderne avec les peintres académiques des « Salons » officiels. Ils ont tendance à noter la mobilité des phénomènes climatiques. Qui dit vitesse, dit floue, fugacité donc impression. Ils se veulent des peintres du concret et du vivant. Ce mouvement a soulevé entre autres des questions sur l’écologie, l’art comme valeur de spéculation, le duo marchand et critique, l’émancipation féminine avec les femmes peintres de l’époque (Mary Cassatt, Berthe Morisot), et surtout, a provoqué la mort du «Salon».

Une sélection exceptionnelle

En traversant les quatre salles d’exposition du MBAM, on a pu voyager en plein cœur d’un des courants les plus importants de la peinture française. La visite commence avec Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), peintre fidèle à la tradition néoclassique qui anticipe et annonce l’impressionnisme par son travail sur les paysages saisis sur le vif, ainsi que son abandon à l’imagination et à la sensibilité des souvenirs. Vous pourrez admirer deux tableaux d’une de ses élèves, Berthe Morisot (1841-1895), figure féminine du mouvement impressionniste aux côtés de Renoir, Monet et Sisley. Vous retrouvez une toile d’Edouard Manet (1832-1883), peintre plus proche du réalisme mais inspirateur de l’impressionnisme ; ainsi que deux toiles de Jean-François Millet (1814-1875), considéré aussi comme réaliste, qui a eu une grande influence sur l’un des «pères de l’impressionnisme», Camille Pissarro (1830-1903) et sur Claude Monet (1840-1926). Par son pinceau hachuré et ses effets de lumière étincelante, Monet obtiendra une reconnaissance officielle aux Etats-Unis qui ouvrira la voie au marché de l’art impressionniste en France dans les années 1890. Au cours de votre visite, vous aurez le plaisir de contempler une sélection unique de 21 tableaux du célèbre Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) dont Jeune fille endormie (1880) et Une loge au théâtre (1880). Le Clark possède aussi quatre peintures d’Edgar Degas (1834-1917) dont les Danseuses au foyer, et bénéficie d’un prêt exceptionnel d’une des premières versions fondues par Hébrard de la sculpture de Degas : la Petite danseuse de quatorze ans (1924). À noter la présence de deux œuvres de l’Italien, Giovanni Boldini (1842-1931), et du Belge, Alfred Stevens (1823-1906), et de quatre peintures du Britannique, Alfred Sisley (1839-1899), qui se définissait par ses paysages.

Aux côtés des impressionnistes, l’exposition présente une toile de William-Adolphe Bougereau (1825-1905) et trois de Jean-Léon Gérôme (1824-1904), tous les deux peintres académiques du Second Empire ; mais aussi trois peintres postimpressionnistes qui clôtureront votre visite : Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), Pierre Bonnard (1867-1947) etPaul Gauguin (1848-1903).

On n’a pas l’occasion tous les jours d’admirer autant de chefs-d’oeuvre de peintres marquants de l’histoire de l’art.

 

Jean-Baptiste Guillaumin

 

 

Il était une fois l’impressionnisme : chefs-d’œuvre de la peinture française du Clark
Du 13 octobre 2012 au 20 janvier 2013
Au Musée des beaux-arts de Montréal

Pour en savoir plus : http://www.mbam.qc.ca

Photos : Wikipedia