Royal du Perron

Lundi 21 juillet 2014

par Royal du Perron

Cinéma

Le Vrai du faux

Le vrai du faux : de l’importance des acteurs BobineBobine


Commençons par le scénario du film tel que présenté aux cinéphiles : «Rendu publiquement responsable de la mort au volant d'un fan de ses films de courses automobiles, le réalisateur Marco Valois se sent sombrer dans la dépression. Apprenant que le défunt avait fait la guerre en Afghanistan, d'où il était revenu complètement transformé, Marco décide d'expier sa faute en réalisant un documentaire sur le phénomène du syndrome de stress post-traumatique. Pour ce faire, il obtient la participation d'Éric Lebel, un vétéran rongé par le souvenir d'un événement terrible survenu alors qu'il était stationné près de Kandahar, et dont ni ses proches ni sa psychologue, Rachel Duguay, n'ont su percer le secret. Avec sa gaucherie coutumière, Marco, qui filme ses rencontres avec la caméra de son téléphone, propose à Éric de l'accompagner à Taylor Mines, patelin dont l'ancien soldat est issu et où vivent ses parents ainsi que son ex-petite amie. Apprenant ce projet, Rachel convainc un fonctionnaire, militant altermondialiste et végétalien, de partir avec elle à leur recherche.»


Le film d’Émile Gaudreault (Mambo Italiano, De père en flic) aura le mérite de nous avoir fait découvrir l’acteur Mathieu Quesnel (Le règne de la beauté, Aurore 2), un comédien complet bourré de vrais talents.  Rien de faux chez lui, même pas le membre qu’il ose complaisamment exhiber à l’écran.  Son jeu est pourtant tout en nuances malgré un état de dépression constante chez le personnage. J’imagine que désormais les rôles proposés au comédien seront abondants tant l’acteur perce l’écran.  J’ai aussi aimé le jeu d’une Guylaine Tremblay en mère complètement disjonctée qui essaie de donner explications à tout, quitte à se fourvoyer totalement.  Le père, incarné par Normand D’Amour rend crédible son personnage taciturne, dépassé par les événements lorsque Éric se rend à Taylor Mines poursuivi par sa psychologue interprétée joliment bien par Julie Le Breton. Les autres comédiens principaux, Marie-Ève Milot en ex-petite amie d’Éric, et Charles-Alexandre Dubé en fonctionnaire végétalien rendent bien leurs personnages et ce dernier m’a bien fait rigoler avec ses propos saugrenus. Certaines scènes des mines de Thetford sont particulièrement bien réussies et les images extérieures de Bernard Couture sont parfois superbes.


Par contre, le film comporte quelques invraisemblances notamment en confiant le rôle du réalisateur à un humoriste instigateur d’une célèbre poupée en caoutchouc sexagénaire. Stéphane Rousseau (Les invasions barbares, Les dangereux) joue de façon inégale, de sorte qu’on croit à son personnage une fois sur cinq; on voit qu’il s’efforce à bien livrer ses lignes et on a presque mal pour lui qu’il n’y réussisse pas.  Je suis peut-être sévère mais a-t-il vraiment la tête de l’emploi ? La popularité de l’humoriste des deux côtés de l’Atlantique a-t-elle influencé le légendaire producteur pourtant oscarisé?


Savoir distinguer le vrai du faux, n’est-ce-pas un merveilleux défi quand le mirage aveugle obstinément le sujet ? Des heures et des heures de grands plaisirs, mais dans ce cas-ci, le jeu en vaut-il la chandelle ?  Peut-être bien, pour tous ceux qui aiment encourager le cinéma québécois.

 

 

 

 

Le vrai du faux d’Émile Gaudreault, en salles présentement.


Pour en savoir plus : http://filmsseville.com/films/le-vrai-du-faux