Mario Landerman

Vendredi 13 juillet 2012

par Mario Landerman

Livres

Michèle Richard

Dressée pour être star : Michèle raconte la Richard

 

Michèle Richard.  Comme le chante si bien Les Bidules, ce sont deux mots qui vont très bien ensemble.  Mais ce qui est passé sous silence, humour à la RBO oblige, c’est que ce sont deux mots qui peuvent également être aux antipodes l’un de l’autre.


Ma première rencontre professionnelle avec Michèle Richard eut lieu aux abords du Centre Bell, en 2006, lors d’une représentation de la comédie musicale Elvis Story.  Me voyant avec mon appareil photo, elle défit machinalement un bouton de sa blouse afin que la photo soit la plus avantageuse possible.  Je peux certifier qu’elle l’a fait sans même y penser, tellement la vedette n’est jamais bien loin de la femme.


Comme beaucoup de gens, j’ai surtout connu Michèle Richard par le biais des journaux dits « à potins ».  Tous ces x-vedettes (ou x est une variable à remplacer par le mot de votre choix, se terminant en « o ») peuvent se targuer à chacun d’eux d’être le biographe de la star du Québec.  Alors, qu’est-ce que Benoît Gignac, l’auteur de la présente biographie, peut bien ajouter qui n’a pas été dit?


D’autant plus qu’avec un tel auteur, on pouvait s’attendre à des révélations inédites, et une grande exactitude dans les faits.  On n’écrit pas des ouvrages de vulgarisation de l’histoire politique sans vérifier ses faits.


Donc, comment procéder?  Au cours des 50 dernières années, on a vu et entendu la Richard.  Pourquoi ne pas faire intervenir Michèle, cette fois-ci?  Et voilà le point de départ de Dressée pour être star.


On y voit une Michèle Richard un peu moins connue du public friand de potins.  Oui, nous connaissons tous son immense amour pour son père, Ti-Blanc, mais cet ouvrage nous en fait mesurer toute l’ampleur.  Sa relation avec sa mère, archétype de la maman d’artiste, y est aussi explorée.  Évidemment, tous les hauts faits de sa carrière sont mentionnés, sans oublier les abîmes où la Richard s’est plongée.  Malgré ces embûches, elle s’est toujours relevée, la tête un peu plus haut.  Pour parler cru, cette femme possède des couilles que bien des hommes lui envieraient.


Cette biographie, beaucoup la trouveront redondante, une redite de tous les faits divers et les potins se rapportant à Michèle Richard.  Malgré tout, la lecture en demeure des plus intéressantes, si on aborde le livre avec un esprit ouvert.  Et, surtout, si on n’a pas ouvert un journal à potins depuis plus de vingt ans!


Pourtant, le livre aurait pu aller au fond de bien des choses laissées dans l’ombre.  Comme la sollicitude de la star pour certains de ses fans, ou encore ses espiègleries en voyage.  Ou, toujours en voyage, sa facilité à se lier d’amitié avec les gens.  Le livre fait une belle part à l’image publique de la Richard, ce qui est normal.  Mais on reste sur notre faim avec Michèle, dont certains initiés savent qu’il y a des coins inexplorés qui ne demandent qu’à être mis au jour.


Mais pour les inconditionnels de la star, ce livre se veut, à date, l’ultime bible de Michèle Richard.  L’avenir nous dira s’il y aura un tome deux.  Avec de nombreuses années encore de vie artistique pour la Richard, ça ne fait pas l’ombre d’un doute!

 

 

Michèle Richard, Dressée pour être star, Benoît Gignac, Éditions La Presse, 2011, 352 p.