Mario Landerman

Lundi 11 mars 2013

par Mario Landerman

Livres

L'Opuscule à l'encre rose

L’Opuscule à l’encre rose : les multiples facettes de la communauté LGBT


Ce recueil de poésie arrivera comme une douceur printanière en plein hiver, et pour d’autres, d’un coup de poing au plexus solaire.  Avec la kyrielle d’auteurs dont s’enorgueillit L’Opuscule à l’encre rose, chacun, et pas seulement des lecteurs de la communauté LGBT, y trouvera quelque chose à savourer.


Alain Ayers, Pierre-Olivier Chiasson, Valérie Côté, Nicholas Giguère, Robin Gravel, Jeanne Lagabrielle, Rachelle Ouellette, Marcel F. Raymond, Réjean Roy et Jean Simoneau offrent une sélection d’œuvres poétiques qui peut être apprécié même du plus néophyte d’entre nous.


Un des attraits de cet ouvrage réside en la diversité du genre et de l’orientation sexuelle des poètes en vitrine.  Et cette diversité de bon aloi est essentielle pour livrer autant de points de vue sur le monde, et ainsi faire le procès des aléas de celui-ci.


Dans une critique sur une œuvre poétique, il demeure très difficile d’être objectif, car chaque poème nous interpelle, ou nous laisse indifférents.  Il s’agit là surtout d’une question de perception de la part du lecteur, ou du critique. 


Parmi les auteurs que j’ai le plus apprécié dans ce recueil, il y a Alain Ayers, avec  son Comment sortir de l’ombre? Ou encore L’Inconnue.  Le premier en particulier s’adresse à tous ceux qui ont eu, à un moment ou un autre de leur vie, eu à faire table rase du passé afin d’accueillir l’avenir.


Pierre-Olivier Chiasson s’en prend à l’amour dans Ricaneuses Diablesses et Saint-Valentin, en exposant le côté prédigéré (pour reprendre son mot) de l’amour.  Dans Hurlement, on aborde la vie, et la vieillesse, à deux.  Quant à Amicalement vôtre, l’auteur écrit ici une belle ode à l’amitié.


Nicholas Giguère y va d’un poème intitulé Mon homme, ou comment voir un homme à travers les yeux d’André Breton,  et d’une Lettre à Carmen qui valent le détour.  Ceux qui apprécient l’œuvre de Michel Tremblay seront en terrain de connaissance avec cette dernière.


Rachelle Ouellette trempe sa plume dans l’encrier et nous livre ses états d’âme, dont la plupart tournent autour de l’écriture.  Que ce soit en tant qu’exutoire face aux embûches de la vie, ou le simple plaisir d’écrire, elle cajole sa plume, laquelle le lui rend bien.


Marcel F. Raymond fait une apparition posthume, où il parle de l’ennui, du désir de vivre, de l’euthanasie, avec une légèreté que seule peut conférer la poésie à des sujets aussi lourds.  Robin Gravel soumet une enfilade de jolies vignettes poétiques, Jeanne Lagabrielle nous offre un arc-en-ciel de « couleurs » avec Chemin, Réjean Roy contribue à donner l’appellation deux livres pour le prix d’un, en publiant un de ses recueils de poésie, J’ai connu la mort, dans la section qui lui est consacrée et en intégral.  Je parlerai bientôt de cet ouvrage, par ailleurs.  Valérie Côté nous offre Tremblement de chair, qui saura en captiver certaines. 


Et parce que, à chaque grand repas, on termine par un dessert, Jean Simoneau fait le procès de la religion, en quelques poèmes bien sentis.  J’ai particulièrement trouvé savoureux La réconciliation, où on y exprime parfaitement l’adage que le mieux est l’ennemi du bien.  Le lendemain, qu’on pourrait croire à saveur biographique, raconte en quelques vers les aléas de l’amour face à la loi.  Il s’agit ici du poète dont les œuvres sont les plus mordantes, drôles, et tendres, dépendant de votre état d’esprit au moment de la lecture.


Un peu de poésie pour accompagner le renouveau du printemps, ça vous dit?  Vous serez alors en belle compagnie avec  L’Opuscule à l’encre rose.

 

L’Opuscule à l’encre rose, Collectif d’auteurs, L’arc-en-ciel littéraire, 182 p. 
ISBN 978-2-923815-13-8