Mario Landerman

Vendredi 4 février 2011

par Mario Landerman

Livres

Pénitence

Pénitence : les conséquences de nos actes

 

Le deuxième volume des Chroniques du Village, de Denis-Martin Chabot, reprend les personnages de son premier roman, Manigances, et les transporte dans le temps de quelques années. La toile de fond cependant en est différente.  Alors que le premier tome traitait d’un prédateur sexuel en filigrane, Pénitence porte le poids de la mort.  Celle, ignominieuse et cruelle, du SIDA.


Le couple vedette du premier roman, Marc St-Jean et Pierre Couture, sont parmi ceux qui paieront de leurs vies d’avoir voulu aimer parfois sans discernement, mais surtout sans protection.  Cette insouciance sexuelle fait sentir sa présence partout dans l’univers des personnages de Pénitence.  On baise qui on veut, quand on veut, et de la manière qu’on veut. L’histoire d’amour torturée entre les deux amants ne résiste pas à un second raccommodement.  Chacun fera alors cavalier seul, enfourchant de nombreuses montures ce faisant.


Toujours dans le style et la disposition qui caractérisent les Chroniques du Village, on suit des vies en parallèles, avec de fréquents sauts entre le passé et le présent.  Déconcertant pour quelques lecteurs, oui.  Mais un bon livre sert à l’exercice de l’intelligence, et non pas à sa mise en sommeil!


De nouveaux personnages viennent graviter autour de ceux déjà connus.  Tel ce jeune Yannick, qui fait redécouvrir à Marc les nuits blanches dues à des baises et orgasmes sans fin.  Imonfri, ce jeune malien qui viendra immigrer au Québec, pour partager la couche de son amant Roger…et celle de bien d’autres.  Bertrand, un des nombreux amants de Marc, qui puisera dans l’adversité et le rejet des forces nouvelles pour se bâtir une vie à la mesure de ses ambitions.  Robert, qui fera l’inverse, s’enlisera dans un abîme sans fond…et combien d’autres encore.  Jean-Jacques Côté, le patron de Marc St-Jean, présente le portrait d’un hétérosexuel mal dégrossi, mais avec le coeur à la bonne place.


La religion occupe aussi une place importante dans cet ouvrage, surtout dans son plus noir aspect, celui des sectes et des pseudos-religions qui utilisent diverses cultures pour y puiser une légitimité discutable.  Les ravages que font ces dernières auprès des âmes simples y est décrit avec force détails.


La profession de journaliste de Denis-Martin Chabot lui permet de décrire des situations des plus réalistes basées sur des faits qu’il a pu rencontrer en tant que reporter.  Ce qui ajoute un aspect familier à ses romans.  Les lieux décrits existent vraiment, de Priape au Terminus Voyageur.  Les situations, quant à elles, pourraient vraiment exister.


Il parle aussi de sexe dans cet ouvrage avec un humour et une habileté à choisir des images très évocatrices.  En contrôleur aérien doté d’un superbe aplomb, il supervise les décollages de ses personnages au moyen des avions les plus perfectionnés de l’ère moderne, du 747 au Concorde, quand ce n’est pas les avions qui font des atterrissages plus ou moins en douceur dans les hangars.  Ce qui fait des personnages de Pénitence de grands voyageurs, et ce, bien avant la création de la carte Air Miles, au milieu des années 90!


Mais pour savoir de quoi je parle, vous n’aurez d’autre choix que de vous procurer Pénitence, le second tome des Chroniques du Village!

 

 

Pénitence, Denis-Martin Chabot, Éditions de la francophonie, 2004. 222p. 

 

Pour en savoir plus : http://www.editionsfrancophonie.com/details.cfm?id=98

http://www.denismartinchabot.com/www.denismartinchabot.com/Accueil.html