Mario Landerman

Jeudi 25 avril 2013 (Mise à jour 25 septembre)

par Mario Landerman

Musique

Pier Béland

Ce que je suis : L’adieu au monde de Pier Béland


Il arrive parfois que certains reportages et critiques soient déclenchés par les activités parfois répréhensibles d’autres médias.  Ce fut le cas de celui-ci.


Avec l’avènement des réseaux sociaux, et plus particulièrement Facebook, le public a l’occasion de voir la colonie artistique québécoise sous un autre angle.  Bien que plusieurs professionnels aient pu profiter des feux de la rampe, amplement mérités selon moi, d’autres malheureusement se servent des réseaux sociaux pour sombrer dans le journalisme de bas étage.


C’est ce qui est arrivé avec Pier Béland, atteinte d’un cancer à l’aube de ses 65 ans.  Plusieurs journalistes en ont fait une couverture honnête, et à la hauteur de leur professionnalisme.  D’autres, cependant, y ont vu une occasion de tenir une rubrique nécrologique du plus mauvais goût, alors que l’interprète était encore bien vivante.


Le lancement


Survenu le 17 avril dernier, le dévoilement posthume du disque intitulé Ce que je suis, fut une affaire sobre et pleine d’émotions pour tous les amis de Pier, réunis pour lui rendre un dernier hommage.  Et des amis, elle en avait, énormément.  C’est ainsi que j’ai pu recueillir quelques témoignages, lesquels accompagnent cette critique du disque.


Le disque


Ce que je suis, lequel a pris par la force des choses, un adieu de Pier Béland à son public, est en lui-même un disque plein de grandes qualités.  Ce fut malaisé de faire abstraction des récents événements, mais il fallait le faire, afin de livrer la critique la plus impartiale possible.


Tout d’abord, il me faut souligner la production impeccable de cet album, sous l’égide d’Eduardo da Costa, de EDC Musique.  Il a su voir, au-delà de la chanteuse kétaine si chère à Normand Brathwaite et les humoristes invités de Piment Fort, la grande interprète de l’amour au fil des jours.


11 chansons, toutes de Pier Béland, lesquelles couvrent un bel éventail de styles, allant du country à un son plus rock, qui n’est pas sans rappeler Andrée Watters (J’ai perdu l’envie de t’aimer).  Les amateurs de country de la vieille école seront enchantés de chansons comme Dis-moi mon Dieu et J’ai fait tes valises.  L’humour n’est jamais bien loin dans certains des textes, loin des odes à l’amour larmoyantes qu’on entend si souvent.  Les incursions dans le domaine plus rock de certaines pièces permet de penser que même Marjo aurait pu magasiner des chansons chez Pier Béland.  Impensable ?  Que non!  Marie-Chantal Toupin doit son grand succès Maudit bordel à la plume de Pier, rebaptisée pour la circonstance en Catherine Deunon.


Un bel opus final pour cette artiste si souvent moquée, la « fille de Ti-Gus ».  Avec cet album, Pier Béland n’hésite pas à clamer ce qu’elle est ; une chanteuse de talent.  Il est tout simplement dommage que la reconnaissance que ne manquera pas de générer Ce que je suis arrive trop tard pour qu’elle en récolte les fruits.  Mais tous ceux qui l’ont suivie dans les hauts et les bas de sa carrière ne s’y tromperont pas.


Mise à jour et opinion personnelle: Pier Béland est en nomination au prochain gala de l’ADISQ, dans la catégorie Album de l’année-Country.  Une nomination, à titre posthume, méritée en tant que telle, certes.  Mais je me demande si ce n’est pas encore une fois coincer l’interprète dans une catégorie qu’elle a su dépasser pour aller à la rencontre d’autres styles musicaux.

 

 

 

 

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