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Mario Landerman
Mardi, 1er novembre 2011
par Mario Landerman

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Homophobie

Homophobie : la sortie massive du placard est-elle une solution?

 

Nous avons tous entendu parler du suicide de ce jeune ontarien, Jamie Hubley.  L’adolescent, pressé de toutes parts par l’homophobie galopante qu’on retrouve en milieu scolaire, s’est enlevé la vie.


De nombreuses voix se sont élevées contre le traitement reçu par le garçon de 15 ans.  Notamment Dany Turcotte et Rick Mercer.  La sortie de ce dernier, humoriste et animateur bien connu au Canada anglais, fait parler et couler beaucoup d’encre.


On demande des modèles auxquels les jeunes gais et lesbiennes puissent s’identifier.  Mais la solution passe-t-elle par la sortie du placard de nombreuses personnalités gaies?


Oui et non. 


L’union fait la force.  En demeurant dans le placard, même avec la porte entrouverte, la communauté LGBT sera toujours divisée.  Il est facile alors pour l’homophobie de trouver un terrain fertile.  C’est le fameux « United we stand, divided we fall. », si vous me pardonnez l’expression anglophone.


Cependant, je comprends également ceux qui demeurent dans le placard car ils ont trop à perdre.  Que ce soit un emploi, un statut social, une réputation enviable, leurs raisons sont diverses et complexes. 


Si je suis en mesure de jauger le pour et le contre, c’est que j’ai vécu les deux extrêmes dans le cours de ma vie.


Lors de ma seconde sortie de placard, je me suis juré de ne jamais avoir à cacher qui je suis pour faire plaisir aux homophobes.  Dans le milieu culturel, ceux qui me connaissent un tant soit peu savent également mon orientation sexuelle. De plus, on n’ignore point que mon homosexualité n’est qu’une des facettes de ma personnalité, et non ce qui me définit en tant qu’humain.


Tout un contraste avec ma première sortie, en 1992, à mes parents.  Imaginez un peu le paradoxe.  Mon père, jamais à court de blagues sexistes, homophobes et racistes lorsque venait le temps d’épater la galerie, fut celui qui m’a apporté son plein et entier support.


Ma mère, qui trouvait les gais « tellement cutes, beaux, et polis », n’a manifestement pas trouvé que c’était aussi adorable chez son propre fils.  Utilisant divers procédés, que je tairai ici par respect pour sa mémoire, elle sut me blesser aux bons endroits, puisqu’elle connaissait mes points vulnérables.  


Tout cela pour vous dire que je comprends pourquoi certaines personnalités publiques gaies demeurent encore dans leur placard.  Mais il y a une telle libération à en sortir, que je ne voudrais y retourner pour rien au monde.


Parlez-en à Joël Legendre, qui s’est fait cavalièrement sortir du placard par le Journal de Montréal.  Les premiers émois passés, Joël a fini par constater que sur le plan professionnel, rien n’avait changé (sauf l’employeur et la qualité des émissions à animer).  Sur le plan personnel, lui seul le sait, cependant.


Mais je suis d’accord avec l’opinion générale que ça prend des modèles pour les jeunes gais d’aujourd’hui.  Je me rappelle de ma jeunesse, où les modèles gais étaient Michel Girouard et Guilda.  Quand on ne se reconnaît pas dans les modèles existants, on peut comprendre facilement qu’on cherche des modèles plus près de nous.


Les Jasmin Roy, Dany Turcotte, Joël Legendre, Monique Giroux, Michelle Blanc et bien d’autres ont justement un rôle à jouer, que certains d’entre eux ont accepté avec beaucoup de panache.  Mais ce n’est pas encore assez.  Il en faut plus pour illustrer la diversité du monde LGBT, que l’homosexualité et le lesbianisme ne sont pas les obstacles qu’ils ont déjà été au niveau professionnel ou personnel.

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