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Paul Landerman
Mardi, 28 février 2012
par Paul W. Landerman (collaboration spéciale)

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Sortir du placard

La sortie du placard !



Cet article fut publié originalement dans le magazine Bloke, le 23 août 2011, sous le titre Come on Out.  Traduit et publié sur ZoneCulture avec l’aimable permission de son auteur.

 

Un peu plus de dix ans ont passé, et toute la saga de sortie du placard est maintenant loin derrière moi.  Je n’y pense plus, à moins qu’on ne me pose la question.  Et de nos jours, cela semble moins important que dans le passé.


Évidemment, je ne fus pas le seul à partager les conséquences de mon geste. Les répercussions se sont manifestées de façons aussi nombreuses que diverses. D’abord sur ma famille et mes enfants, ensuite parmi mes amis et mes relations professionnelles, pour finir par ma carrière. J’ai perdu à deux reprises un emploi suite à des divergences d’opinions avec un superviseur hétérosexuel.


La première manifestation d’un problème dans mon monde jusqu’alors des plus tranquille fut avec l’Église. J’en reparlerai lors d'une prochaine chronique.  Mais la plupart des gens intelligents et éduqués avec qui j’assistais aux différents offices ont soudainement commencé à regarder ailleurs lorsque j’étais présent.


Puis, lors d’une conversation avec mon fils un an plus tard, où nous discutions comment trouver un terrain d’entente, la discussion a monté de plusieurs décibels.  Dans une tentative de calmer les esprits, je lui ai dit «J’essaie juste de te comprendre.»  Ce à quoi il répondit «C’est impossible, tu n’as pas un père gai. ».  Touché.  Mais ça fait tout de même mal. Nous avons depuis réparé les pots cassés, et la relation père-fils est en progrès, mais ce sujet en est un que nous gardons dans le placard!


Mon autre fils et moi avons brièvement parlé de comment parler de mon «statut» avec ses deux jeunes garçons, lorsque viendra le temps d’en arriver là.  J’ai amené un ami à une réunion familiale il y a deux ans, et ce fut pour la plus grande part un désastre.  Mais mon petit-fils s’en rappelle encore et m’a même une fois demandé «Qui était cet homme?».  Je n’ai pas de réponse facile ou réaliste à lui donner encore, mais je devrai lui en donner une tôt ou tard.


Inévitablement, les amis sincères, qui  vous supportent dans ce que la vie a de bon ou de mauvais, même les amis hétéros, sont demeurés proches, tout en pardonnant mes écarts. Ils ont été généreux de leur amour et de leur support, tout autant que de leurs critiques sur mes sélections masculines pas toujours admirables, mes faux départs en relation, ainsi que de mes aventures d’une nuit.


La plupart des membres de ma famille en ont pris leur parti, se sont résignés, ou ignorent volontairement ma vie.  Je ne sais pas comment catégoriser cela, mais d’une façon étrangement bénéfique, mes parents sont décédés avant ma sortie du placard.  En fait, un an avant le grand événement.  Je crois qu’ils m’auraient accepté, même s’ils n’auraient pas compris le mystère génétique de ce que je suis maintenant.


J’oserais dire que toute l’histoire est plus comique que tragique.  Pour ce que ça vaut, je crois que je suis plus heureux maintenant que je ne l’ai jamais été.  Je pense que, de bien des manières, j’ai réussi à suivre le conseil de Jésus «qu’un homme irrésolu, est inconstant dans toutes ses voies.»  Par conséquent, je ne suis plus un homme confus, car je vis une vie, me semble-t-il, assez équilibrée.


Je ne veux pas dire ici qu’être gai est la chose la plus importante de ma vie.  Mais ça a certainement aidé à résoudre mes problèmes de honte, de haine de soi, et d’incapacité de dire tout haut à tout le monde ce que je me disais, avec crainte, devant mon miroir il y a dix ans.  J’espère que, comme la campagne de YouTube «It Gets Better», ma vie est devenue meilleure.  J’espère seulement ne pas l’avoir  fait aux dépens de quelqu’un d’autre.


(Traduit de l’anglais par Mario Landerman)

 

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