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Mario Landerman
Jeudi, 11 août 2011
par Mario Landerman

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Hughette Proulx

Chère Hughette,


C’est ainsi, et pas autrement que les gens qui vous écrivaient commençaient leurs lettres.  Problèmes sexuels, crises émotionnelles, ou simplement une « écoute » compatissante, vous étiez là pour tous, de la ménagère à l’homosexuel rejeté par la société.


Mon premier contact, superficiel, avec vous survint dans mon enfance, où vous étiez une des reines des émissions matinales de Télé-Métropole, trône que vous avez volontiers partagé avec Françoise Gaudet-Smet.  Ce qui rend d’autant plus triste le très pauvre hommage que TVA vous rendit à l’annonce de votre décès.


Puis, il y eut évidemment Radio-Sexe, que vous avez piloté pendant presqu’une décennie.  Avec tact, mais n’hésitant pas à utiliser une franchise qui terrorisait les imbéciles, vous en avez conseillé, des gens!  Dans mon entourage, je ne serais pas étonné de trouver au moins une personne qui a mis en pratique vos judicieux conseils.


Là où je vous ai vraiment connue et appréciée, cependant, fut dans un de ces journaux « judiciaires » que les gens achetaient presqu’en cachette, ravis de se délecter du moindre fait scabreux, allant du détail sordide au meurtre.  Ma mère faisait partie de ces lecteurs d’Allô-Police.  Un journal que je ne lisais pas, pour ma part, le trouvant inintéressant.


Pourtant, Richard Desmarais a fini par me convertir à son journal.  Grâce aux deux pages centrales, où vous prodiguiez autant des conseils que vous répondiez à votre courrier, vous avez gagné un admirateur de plus.  J’ai suivi votre courrier du cœur avec plus d’assiduité que celui de « Linda Adams », votre « voisine » à Photo-Police!  Quand on peut apprécier la classe, pourquoi se contenter de bête vulgarité?


Pendant plusieurs années, je vous ai aperçue, de loin, à diverses fonctions publiques et privées, sans que jamais l’opportunité de vous remercier pour votre merveilleux travail n’arrive.  Lorsque je suis devenu photojournaliste, d’autres occasions, dont une mémorable à l’Hôtel de Ville de Montréal, furent tout autant manquées.


Je pus enfin le faire lorsque vous m’avez fait l’honneur de me téléphoner en remerciement d’une photo que je vous avais remise.  À ce moment-là, vous n’avez pas fait mentir ceux qui disent que vous avez la parole facile.  Vous vous êtes allée à me faire maintes confidences.    Malgré tout l’humour dont vous faisiez preuve, je sentais votre appréhension du futur avec le cancer.  Je crois, et j’espère, vous avoir apporté quelque réconfort, ne serait-ce que pour un moment.


Je me sens privilégié d’avoir croisé votre route à diverses étapes de ma vie.  Le Québec est un peu plus pauvre de vous avoir perdue.  Vous avez aidé tant de gens au cours de votre vie, que je crois que vous pouvez vous dire maintenant : Mission accomplie!


Mario Landerman

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