Mario Landerman

Mardi 23 juin 2015

par Mario Landerman

ThéâtreComédies Musicales

Grease

Grease : La consécration d’Annie Villeneuve

Lundi avait lieu la première de Grease, la comédie musicale au St-Denis.  Voitures anciennes, danses endiablées, mini spectacles, tout annonçait la couleur avant même de mettre le pied dans l’enceinte de la salle de spectacle : la soirée sera rock and roll!


Je reviendrai plus tard sur les activités extérieures, pour vous parler de ce nouveau triomphe du Festival Juste pour Rire.  Grease, c’est actuellement plus de 40 000 billets vendus, dont une bonne partie avant même la première.  C’est aussi, sur une note plus sobre, le passage du flambeau.  En effet, Denise Filiatrault cède la mise en scène à Andrew Shaver, pour prendre le rôle de conseillère artistique.  Mais qu’on ne s’y méprenne pas.  Ce travail d’équipe porte ses fruits avec une époustouflante énergie, garantie de faire danser les spectateurs.  Ce qu’on aurait voulu faire en passant, plutôt que de taper du pied assis sur nos sièges!


Créée en 1971 par Jim Jacobs et Warren Casey pour Broadway, le succès de Grease fut immédiat.  Et même si la production originale s’est arrêtée en 1980, chaque fois qu’elle a repris l’affiche, ce fut un événement.  Le succès fut tel qu’un film fut produit en 1978, mettant en vedette John Travolta et Olivia Newton-John dans les rôles marquants de Danny et Sandy.  Le film est à ce point dans les mémoires que la version 2007 à Broadway a repris des chansons du film pour les intégrer à la comédie musicale.  D’ailleurs, je m’attends à ce que des comparaisons soient faites entre le film et le spectacle au St-Denis.  Ce qu’il ne faudrait pas faire, malgré que le film (en français Brillantine) soit la seule exposition qu’une bonne partie du public a eu face à ce phénomène.


La production québécoise est bilingue, en ce sens que la partie chantée est parfois en français, parfois en anglais.  Les dialogues eux, sont en français.  Mais qu’on se rassure : les chansons les plus connues sont chantées en anglais, et on a même conservé les expressions anglaises, à commencer par le titre de la comédie musicale.  Il faut noter que ce  n’est pas la comédie originale qui nous est présentée, mais bien plutôt la version remaniée de 2007 à Broadway.


Au final, le tout repose sur les épaules de la distribution, qui doit évidemment faire de cette comédie musicale un moment magique à nul autre pareil.  Y réussit-on?  Très souvent, on peut répondre oui.


Et dans la liste des oui, il y a Annie Villeneuve.  Dans cette production, son interprétation de Sandy touche au sublime.  À un point que je serais des plus déçus s’il n’y a pas un album produit.  Par comparaison, Jason Roy-Léveillée en devient plus effacé en Danny.  Mais c’est tout à fait normal, si on tient compte qu’on entend Annie chanter plus souvent que Jason.  Ce qui ne veut pas dire que le jeune Jason Roy-Léveillée n’arrive pas à tirer son épingle du jeu.  Il fait un Danny Zucco exubérant et étourdissant! 


L’autre moment fort du spectacle arrive avec Gardy Fury, qui interprète l’Ange Gardien.  Une courte apparition, mais des plus marquantes.  Fury nous avait habitués à ce genre de moments dans Hairspray et Sister Act, et il récidive ici à sa façon inimitable.


Parmi les autres rôles, mentionnons Frenchy, interprétée par Gabrielle Fontaine.  Elle livre un personnage des plus drôles qui ne dépaysera pas ceux qui connaissent le personnage par le biais du film de 1978.  Elle est bien entourée de ses consoeurs des Pink Ladies, Joëlle Lanctôt (Rizzo), Isabelle Giroux (Marty) et Marie-Ève Perron (Jan).  Lanctôt est particulièrement efficace en Rizzo, notamment dans ses chansons, utilisant juste ce qu’il faut de mordant et de vulnérabilité.


Évidemment, les Pink Ladies seraient incomplètes sans leurs partenaires masculins des T-Birds.  Danny a sa bande, composée de Kenickie (Philippe Touzel), Doody (Maxime-Olivier Potvin), Sonny (Mathieu Lorain Dignard) et Roger (Bryan Audet)


Jade Bruneau incarne Cha-Cha, un des rares rôles ingrats, de par sa nature, de ce genre de distribution.  Mais l’équipe est allée chercher une comédienne drôlement sympathique pour la personnifier.  Normand Brathwaite quant à lui est Vince Fontaine, le populaire et charismatique disc-jockey.  Bien que Brathwaite ait fait de la radio à la ville, je trouve qu’il n’est pas assez énergique dans le rôle.  En revanche, Johnny Casino (Jean-Marc Couture) s’acquitte honorablement de son rôle, qui consiste souvent en faire-valoir de Vince, sauf dans ses moments solos, comme on le remarque dans la scène de bal.  Dominic St-Laurent, Monik Vincent et Éléonore Lagacé complètent la distribution avec respectivement les personnages d’Eugène, Miss Lynch et Patty Simcox.


De plus, trois danseurs et acrobates, Publio Alberto Rabago, Nicolas Jelmoni et Charlotte O’Sullivan mettent tous leurs talents au service de la pièce, exécutant des figures endiablées en prenant les danses pour prétexte.  Du bonbon.


Les musiciens, tous excellents, ont su rendre à la perfection les rythmes endiablés de la comédie musicale, de même que les chansons plus langoureuses.  On sent, pour toute l’équipe, les longues heures et semaines de répétitions pour en arriver à ce résultat.


Les décors et éclairages sont également à mentionner, particulièrement la « Greased Lightning », petite auto qui sert à quelques séquences dans la comédie musicale.


Et l’extérieur valait l’intérieur.  Les organisateurs de la première avaient mis le paquet, avec une exposition de quelques voitures d’époque, et une exhibition de danse donnée par la très populaire école Cat’s Corner de Montréal.  Les passants ont adoré, et ont pu se mettre dans l’atmosphère de 1959, en gagnant des prix et exécutant des danses avec les élèves de l’école.


Une production grandiose, une Annie Villeneuve éclatante, une distribution étincelante, tel un ciel étoilé dans un « drive-in », voilà Grease, le nouveau triomphe du Festival Juste pour Rire!

 

Grease

Mise en scène de Andrew Shaver
Conseillère artistique : Denise Filiatrault
Traduction et adaptation : Yves Morin
Direction Musicale : Guillaume St-Laurent
Chorégraphie : Annie St-Pierre


Distribution :


Sandy Annie Villeneuve
Danny Jason Roy Léveillée 
Vince Fontaine Normand Brathwaite
Johnny Casino Jean-Marc Couture
Johnny Casino Matthew Raudsepp (Les 26 juin, 1er et 4 juillet) 
L’Ange gardien Gardy Fury
Marty Isabelle Giroux
Betty Rizzo Joëlle Lanctôt  
Kenickie Philippe Touzel
Doody Maxime-Olivier Potvin
Miss Lynch Monik Vincent
Patty Simcox Éléonore Lagacé 
Roger Bryan Audet 
Sonny LaTierri Mathieu Lorain Dignard
Cha-Cha Jade Bruneau 
Jan Marie-Ève Perron 
Eugène Dominic St-Laurent 
Frenchy Gabrielle Fontaine
 
Performances acrobatiques Publio Alberto Rabago, Charlotte O'Sullivan, Nicolas Jelmoni 

 

Pour en savoir plus :


Grease : http://www.hahaha.com/fr/show/grease
http://theatrestdenis.com/fr/spectacle/Grease/


Cat’s Corner : http://www.catscorner.ca/

Vidéo et photos :