Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

Accueil Arts Multiples Arts Visuels Cinéma Livres Humour Musique Nostalgie
Télévision/
Radio
Théâtre Société Voyages/
Tourisme
Facebook Équipe Liens Contact
Mario Landerman
Vendredi 9 novembre 2012
par Mario Landerman

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

 

Josée Deschênes

Du bon monde : de la divergence des perceptions

Duceppe nous propose, pour la période d’avant les fêtes, une pièce de David Lindsay-Abaire, Du bon monde.  La réussite d’une personne est-elle due à son incessant labeur pour se hisser au sommet, ou encore, à de la simple chance?  Cette divergence de perception quant à la notion même de réussite est au cœur de la pièce, mise en scène par Pierre Bernard.


L’action se passe dans le quartier de Southie, à Boston.  Mais vous pourriez remplacer le tout par n’importe quel quartier défavorisé de Montréal.  Aller au bingo constitue la grande sortie, et le chèque de paie courant sert à éponger les dettes contractées précédemment.  Prêteurs sur gages abondent, qui reprennent pour quelques dollars une télé ou un jeu vidéo dont on doit se départir, afin de boucler le mois.


Dans cette atmosphère glauque, vivent Margaret Walsh et sa famille.  Une vie étriquée, qui se réduit en peau de chagrin avec la perte de l’emploi de Margaret au Dollar Store.  Menacée d’éviction, que peut-elle faire?

 

 


C’est là qu’entre en scène Mike, une vieille connaissance de Margaret qui a réussi au-delà de tous les espoirs, du moins, à ses yeux.  Car ce n’est pas tout de se sortir de la misère ; il faut être assez fort pour accepter ses humbles origines.  Margaret est une ratée plus ou moins sympathique.  Mike arbore la morgue de ceux qui ont réussi, et le savent.  Le ton est alors donné pour une lutte des classes qui constitue le pivot de la pièce, tout en donnant quelques leçons de vie, sans en avoir l’air.


Avec l’éclosion des iniquités révélées par la Commission Charbonneau, et de l'éveil de la population à l'écart entre riches et pauvres au Québec, cette pièce, malgré son adaptation quelque peu déficiente, arrive à point nommé dans cette saison théâtrale québécoise. 


Pourquoi quelque peu déficiente?  Simplement parce la production est passée à côté d’une formidable occasion de localiser l’action et les personnages, plutôt que de les maintenir dans leur Boston d’origine.  La pièce présente tellement de ressemblances avec ce qui se passe dans certaines villes du Québec, que localiser cette dernière  ici n’aurait pas coûté beaucoup d’efforts à Maryse Warda, la traductrice.  Pour être juste, on peut également argumenter que maintenir  le tout aux États-Unis permet d’illustrer l’universalité de la lutte contre la misère.  À vous, le lecteur, de décider. 

Du bon monde


Josée Deschênes, en Margaret Walsh, est brillante dans son interprétation, devenant l’actrice la plus crédible de la pièce.  La Creton d’hier dans La Petite Vie joue avec grande conviction cette paumée ni tout à fait sympathique, ni tout à fait détestable.  Par contre, Andrée Lachapelle et Chantal Baril jouent la carte de la caricature, et je ne suis pas certain que ce soit d’un heureux effet.  On verrait plus leurs personnages, tels qu’interprétés, dans les Belles-Sœurs, de Michel Tremblay.  Le couple incarné par Benoît Gouin et Amélie Chérubin-Soulières se veut en apparence des plus solides, mais il pourrait, comme certains vases en verre, voler en éclats!  Simon Lacroix vient compléter cette distribution, avec un rôle de plus à cumuler à sa feuille de route.  Ce récent gradué du Conservatoire d’art dramatique a le potentiel de jouer autre chose que les utilités.


Le décor, tel que conçu par Geneviève Lizotte, est une petite merveille d’ingéniosité.  À sa façon, il contribue même à amener un moment drôle dans la seconde partie de la pièce.


Celle-ci dans son ensemble, dramatique à souhait de par son climat de conflit et d’urgence perpétuels, est ponctuée de très nombreux traits d’humour, qui sauront alléger la longueur de certains passages.  Même au plus fort d’une confrontation, vous serez assurés de rire un peu malgré le sérieux de la situation.

Du bon monde


Du bon monde se veut une pièce pour susciter la discussion, sur les moteurs de la misère, et de comment se sortir de ses griffes.  Mais c’est aussi un plaidoyer qui milite en faveur de ne jamais oublier ses origines.  Dans le genre, c’est ce qui se fait de mieux.

La seule question que je me pose, c'est où peut-on se procurer ces lapins?


Jusqu’au 8 décembre, au Théâtre Jean Duceppe.


Du Bon Monde, de David Lindsay-Abaire.  Traduction de Maryse Warda, mise en scène de Pierre Bernard.  Avec Josée Deschênes, Benoît Gouin, Andrée Lachapelle, Chantal baril, Amélie Chérubin-Soulières et Simon Lacroix.



Pour en savoir plus : http://duceppe.com/piece/du-bon-monde

 

Photos : François Brunelle (514-842-8194)
Vidéo : Mario Landerman

©2012, zoneculture.com--Tous droits réservés