Royal du Perron

Mercredi, 15 mai 2013

par Royal du Perron

Théâtre

Huguette Oligny

Huguette Oligny (1922-2013)




Huguette Oligny n’est plus. D’autres l’ont décrite beaucoup mieux que je ne saurais le faire.  Je ne sais pourquoi mais j’ai toujours eu pour elle une grande affection.  D’abord pour son immense talent. Son énergie créatrice, sa fougue, sa vivacité. On reconnaissait vite chez elle la battante. Elle m’avait ébloui dans le rôle-titre du classique racinien Bérénice. J’ai voulu qu’elle sache toute l’admiration que je lui portais, je lui ai donc adressé un télégramme de félicitations au Théâtre du Nouveau Monde où elle jouait. Et ce geste a été unique. Beaucoup plus tard, j’ai eu le privilège et l’honneur de croiser la grande tragédienne lors d’une réception officielle à l’Hôtel de Ville de Montréal, réception solennelle donnée en l’honneur deMichel Tremblay.  Elle m’avait alors salué avec tellement de grâce et d’à-propos que j’en fus fortement rémué. 


En 1998, quand je l’ai vue recevoir un Prix Gémeau pour son rôle dans la série Sous le signe de lion de Françoise Loranger, adaptée par Hélène Pedneault, et que j’ai senti sa vive émotion et sa profonde gratitude, j’ai eu le cœur gonflé. Plus récemment, dans un bref vox-pop, à la première du théâtre musical Belles-Sœurs, elle m’a exprimé avec gentillesse et empressement son immense admiration pour les actrices sur scène et les artisans de l’œuvre, tout en s’intéressant au média que je représentais. Madame Oligny, vous savez tisser des liens avec les êtres qui vous entourent.  Et ces liens sont invisibles à l’œil nu. De toutes les actrices présentes, passées et futures, vous êtes ma préférée.


Merci Pascal Gélinas de nous avoir légué un si bel héritage (Huguette Oligny, Le goût de vivre, ONF, 2013, Prix de la Meilleure biographie au FIFA 2013), son large public vous en sera éternellement reconnaissant.

 


 

Photo : André Le Coz

Vidéo : Courtoisie de Télé-Québec