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Céline de la Roche
Vendredi, 18 novembre 2011
par Céline de la Roche

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L'Affiche

L’affiche : mettre des visages sur les statistiques

 

L’auteur, metteur en scène, acteur, photographe et directeur artistique de l’Espace libre, Philippe Ducros, reprend son spectacle L’Affiche créé en 2009 sur l’occupation de la Palestine. Un mur, deux camps, un conflit et une réalité sur laquelle il met des visages pour que la détresse et le drame quotidiens aussi bien des Palestiniens que des Israéliens ne restent pas anonymes.

En rentrant dans la salle de l’Espace libre, nous sommes conviés à une exposition de photographies «Les lanceurs de pierres» de l’auteur. Il nous montre ce qu’il a vu et inspiré lors de ses nombreux voyages en Palestine et en Israël: images crues et frappantes de la violence de ce qui se passe là-bas, loin de nous. Cette violence, il nous la met sous le nez, nous ne pouvons plus l’esquiver, l’oublier, en avoir peur, elle est là, sur scène avec les comédiens, et nous, témoins impuissants de la perte de notre humanité. Ça vaut le coup d’arriver un peu en avance pour prendre le temps de regarder ces photos et d’en comprendre les enjeux.


Abou Salem est imprimeur. Tous les jours, ce sont de nouvelles affiches de martyrs qui vident ses cartouches d’encre, jusqu’au jour où c’est la photo de son jeune fils tué par balle qu’il imprime pour tapisser les murs de la ville. Haine, souffrance, peur, désespoir d’un père, d’une mère, d’une sœur… Leur vie saigne, une fois de plus. De l’autre côté du mur, Itzhak, le soldat israélien responsable de la mort de l’enfant est pris dans la cruauté de l’occupation. Entre les deux, un journaliste québécois filme… Le décor est brut : une vieille imprimante, des pneus accrochés sur un mur de béton, des ampoules et des cages d’oiseaux suspendues, une chaise de coiffeur… Tout est en mouvement et tout se mélange… Nous passons d’un lieu à un autre, d’un camp à l’autre, d’un malheur à un autre… L’auteur nous pousse tête  première dans l’horreur, la «martyrisation», le mépris de l’autre.

La pièce cherche l’humanité en montrant les deux camps sans manichéisme, chacun pris dans le drame de sa vie. «Ce texte parle du quotidien sous l’occupation, ou plutôt, de l’impossibilité d’un quotidien, de la perte totale de normalité. Lorsque la mort et la violence sont des  ingrédients de la vie de tous les jours, on en vient à en parler de la même manière dont on parlerait d’un café.» (Didascalie de L’Affiche)

Sans se proclamer pro-palestinien, Philippe Ducros nous interpelle : «il faut arrêter de parler d’un conflit israélo-palestinien, mais plutôt de l’occupation de la Palestine». Une réflexion sur la situation plus qu’une prise de position, qui pourrait en ébranler certains, mais l’idée est avant tout de parler des impacts de cette occupation des deux côtés du mur. Nous aurions pu naître dans n’importe lequel des deux camps…

Le rêve et l’espoir sont des mots morts, la jeunesse crie l’insupportable. Derrière nos écrans de télévision, ils existent ces hommes, ces femmes, ces enfants racontés par Philippe Ducros et incarnés par des comédiens d’une fragilité et d’une justesse déroutantes. Leur réalité subsiste après le spectacle… et à l’instant où vous lisez ces quelques lignes, de nouvelles affiches de martyrs s’impriment… Nous ne pouvons plus les oublier, et vous ne pouvez pas les ignorer.

L’Affiche, de Philippe Ducros
À l’Espace libre jusqu’au 26 novembre 2011


Pour en savoir plus : www.espacelibre.qc.ca

 

Photo : Philippe Ducros

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