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Céline de la Roche
Mardi, 31 janvier 2012
par Céline de la Roche

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La Noce

Brecht vous invite à La noce

 

Bertolt Brecht, grande figure du théâtre allemand du début du siècle dernier, n’avait que 21 ans quand il écrivit sa pièce à un acte La noce (NDLR : aussi nommée La noce chez les petits-bourgeois) en 1919 alors que l’Europe se relevait à peine de la Première Guerre mondiale. C’est au coeur des cris, des pleurs, des chants et des fous rires d’un dîner de noce que nous sommes conviés pour vivre l’explosion tous les vices.

Souvent connu comme un «auteur militant», Bertolt Brecht était surtout un rebelle en marge de la société, une particularité dans laquelle le metteur en scène Grégory Hlady avoue se retrouver : «J’aime ceux qui choquent, qui brouillent les cartes, qui provoquent le malaise. Brecht n’agissant pas autrement.» La noce est un texte fragmenté, «comme un miroir brisé» précise Hlady, qui explore l’être humain (ou les êtres bourgeois ?) sous toutes ses coutures, en passant par son subconscient et sa folie, mais sans pour autant être du théâtre psychologique. Brecht utilise l’humour noir pour dépeindre une famille bourgeoise qui s’émiette le temps d’un dîner de noce. Un seul décor, une table, une vidéo d’un aquarium projetée sur le mur, une imposante lampe chinoise rouge, un éclairage verdâtre… Et huit personnages assis sur des chaises en bois qui se cassent à mesure qu’ils se saoulent, vacillant entre désir, haine, colère, joie, tristesse, jalousie, amour… Voilà de quoi passer une soirée dans un marasme décadent en compagnie de la haute.

À peine installée dans la salle du Théâtre Prospero, une vielle femme se parle à voix haute en allemand. Elle se prépare à recevoir à dîner. Bien que peu d’entre nous comprennent cette langue (exception faite d’allemanphones présents dans la salle ce soir-là), elle nous interpelle et accueille les retardataires avec enthousiasme. Le 4e mur tombe dès lors. À l’arrivée des invités, commence un tourbillon bruyant d’une excentrique folie bourgeoise rythmée de chants et de silences dans lequel tout est permis. Oui, Brecht le dit au travers d’un de ses personnages «Tout est permis maintenant». La spirale sera-t-elle sans fin ? Et dans l’art de la distanciation propre à Brecht? Et bien oui! Il se cite lui-même dans son texte et use à plusieurs reprises le procédé de la répétition. L’animalité de ces femmes et de ces hommes se libère tout au long du dîner avec voracité. Avant de partir, l’un des invités confie que «la pièce de théâtre est terminée et les choses sérieuses commencent». Pourtant le duo final entre les jeunes mariés face à notre hôte qui tricote paisiblement assise dans la seule chaise qui a survécu à l’ouragan du déchaînement, n’est pas sans étincelles. Finalement, je cite Brecht : « Quand on raconte des choses qui ne concernent personne, et bien ça va toujours mieux » !

Spectateur aguerri ou désireux de découvrir l’univers unique de Brecht, n’hésitez à épier les pulsions de ces bourgeois de l’Allemagne des années 20. Une occasion de se laisser aller dans l’irrationnel, dans l’invisible avec des comédiens redoutables, d’une justesse qui permet de ne tomber aucunement dans l’absurde.

La Noce

Mise en scène de Gregory Hlady
Avec Paul Ahmarani, Alex Bisping, Enrica Noucher, Stéphanie Cardi, Denis Gravereaux, Frédéric Lavallée, Isabelle Leclerc et Diane Ouimet

La noce de Bertolt Brecht
Du 24 janvier au 11 février 2012
Au Théâtre Prospero à Montréal

Pour en savoir plus : http://www.laveillee.qc.ca/saison11-12/La_Noce.shtml

 

Photos : Dominique Lafond

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