Mario Landerman

Lundi 8 juillet 2013

par Mario Landerman

Théâtre

La Puce à l'oreille

La puce à l’oreille : Ciel!  Ma critique!

 

Ce fut une soirée bien agréable que les abonnés du Théâtre du Vieux Terrebonne (TVT), des personnalités et des journalistes ont passé en ce beau 20 juin, lors de la première de La Puce à l’oreille.  C’était également le baptême du feu du trio de co-directeurs artistiques du TVT, soit Benoît Brière, Martin Drainville et Luc Guérin.


Soirée qui fut marquée par un incident regrettable.  Le comédien Marc Legault, qui incarne Baptistin dans cette production, a dû être hospitalisé après un malaise survenu avant la représentation.  Ce fut Alain Zouvi qui, texte en main, l’a remplacé au pied levé.  M. Legault est maintenant rétabli et a repris son rôle.


Cette comédie est basée sur des quiproquos et des malentendus qui incitent la plupart des personnages de la pièce à soupçonner leurs maris et femmes d’adultère.


Raymonde Chandebise est une femme jalouse qui, bien entendu, soupçonne son mari de la tromper.  Avec le concours de sa bonne amie Lucienne, elle lui adresse une lettre piège lui donnant rendez-vous à l’Hôtel du Minet Galant.  Rendus là, nous faisons connaissance avec Poche, le double parfait de Chandebise, qui apportera son lot de quiproquos.  Même sans Poche, rien n’empêchera la bande de personnages de se retrouver dans de beaux draps!


Ce Feydeau, qui compte parmi ses meilleurs vaudevilles, au rang de Tailleur pour dames, Un Fil à la patte et Le Dindon, ne pouvait être mieux servi que par la folle équipe du TVT.  Avec en tête Benoît Brière en tant que directeur artistique, assisté cette fois par Martin Drainville et Luc Guérin.  Tous trois ont des rôles très juteux dans cette pièce de 1907.  Bien que cette dernière date un peu dans le contexte actuel de permissivité à tous crins, elle représente un excellent divertissement.


Vous rirez abondamment, et à gorge déployée, en compagnie de cette bande de joyeux drilles qui prennent d’assaut le TVT pour la saison estivale.  Brière, notamment, se taille la part du lion avec un double rôle, Chandebise, le mari soupçonné de tromper sa femme, et Poche, l’homme à tout faire ivrogne de l’Hôtel du Minet Galant.  Dans chacun de ces rôles, Brière nous fait bien rire.  Mais le tour de force réside dans le changement rapide des rôles, notamment dans la seconde partie de la pièce.  Ce n’est pas facile, car le danger de s’empêtrer dans les rôles est toujours présent, surtout à cette vitesse, ce que Benoît Brière réussit avec maestria!


Martin Drainville incarne pour sa part Camille, le secrétaire avec un léger défaut d’élocution.  Ce qui n’empêche pas la bonne de la maison (Marie-Pier Labrecque), de lui sauter dessus à toutes les occasions.  Et nous de sauter sur les occasions de rire de cette chasse à l’envers, des plus modernes.  Le seul qui ne rit pas, c’est Étienne (Claude Tremblay), jaloux que les assauts amoureux de la bonne  n’aillent pas dans sa direction.

 

La Puce à l'oreille


Luc Guérin en espagnol est-il crédible?  Absolument pas, et on s’en fiche pas mal.  Qu’il est drôle de le voir aller sur scène, avec ses sourcils rapprochés, sa colère de mari jaloux et son accent à couper au couteau!  Un des nombreux personnages de La Puce à l’oreille qui valent le détour.


Mon coup de cœur personnel, cependant, c’est Raymonde, la femme de Chandebise.  Interprétée par Pascale Desrochers, les mimiques qu’elle ne cesse d’ajouter au personnage rendent la salle pliée en deux de rire.  Parions que ce ne sera pas la dernière fois qu’on la verra au TVT dans une autre production théâtrale. 


Pour donner la réplique à Raymonde, et calmer les ardeurs machos de Carlos, son époux, Marie-France Lambert incarne Lucienne.  Affichant moins de flamboyance que son jaloux de mari, elle demeure néanmoins aussi délurée que tout le reste de la bande.

 

La Puce à l'oreille


Laquelle consiste en plusieurs savoureux personnages, comme le docteur Finache (Carl Béchard), Rugby (Denis Houle), un écossais des plus comiques, véritable bombe sexuelle, ou encore Stéphane Jacques en Ferraillon, le propriétaire de l’hôtel.  En tout, 13 personnages se partage la scène du TVT pour nous faire passer un très bon moment en leur compagnie.


La mise en scène d’Alain Zouvi est impeccable.  J’aurais aimé être un petit oiseau pour assister à une séance de lecture de la pièce.  Je suis prêt à parier que les fous rires devaient fuser.  La chimie entre les comédiens qui travaillent ensemble est excellente, et on devine qu’une complicité et une atmosphère bon enfant a présidé à l’élaboration de ce spectacle.  Les costumes, notamment féminins, sont des plus élégants, et les décors reflètent bien la haute bourgeoisie du début du XXe siècle.


On dit que rire, c’est la santé.  Ma prescription : allez voir La Puce à l’oreille.  Si vous êtes comme moi, vous en sortirez avec un sourire aux lèvres.  Après tout, plus de 20 000 amateurs satisfaits ne peuvent se tromper!

 

 

La Puce à l’oreille, de Georges Feydeau
Jusqu’au 17 août 2013, au Théâtre du Vieux-Terrebonne


Mise en scène Alain Zouvi
Direction artistique Benoît Brière
Production Les Productions Benoît Brière Inc. en collaboration avec Théâtre du Vieux-Terrebonne


Distribution complète : Carl Béchard, Benoît Brière, Pascale Desrochers, Martin Drainville, Monique Gosselin, Luc Guérin, Martin Héroux, Denis Houle, Stéphane Jacques, Marie-Pier Labrecque, Marie-France Lambert, Marc Legault et Claude Tremblay
Durée : 3 heures incluant l'entracte

Pour en savoir plus : http://www.theatreduvieuxterrebonne.com/fr/programmation_theatre-en-ete_puce-a-oreille_theatre-en-ete-2013.php?ik_programmation=1072

 

Photos : François Brunelle