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Mario Landerman
Vendredi, 28 septembre 2012
par Mario Landerman

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Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges : Que nonni!

 

Michel Tremblay.  Ces deux noms accolés ne laissent personne indifférent, au Québec.  Pour certains, il est celui qui a dépoussiéré le théâtre québécois, à partir de la fin des années 60.  Pour d’autres, c’est un auteur prolifique et de talent, qui a toujours disposé d’une belle matière pour raconter la vie du peuple.


Et nous voilà avec une pièce, Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges.  Une pièce, me direz-vous?  Mais c’est un roman, le second tome des Chroniques du Plateau.  Oui et oui.  Le roman a été adapté à la scène par Serge Denoncourt, lequel n’est certes pas un néophyte dans la mise en scène de pièces de Tremblay.


Nous sommes au début des années 40, dans une école du Plateau Mont-Royal.  Dirigée comme il se doit pour l’époque par des religieuses, l’école des Saints-Anges est gouvernée d’une main de fer par une religieuse sans scrupules, mère Benoîte des Anges. 


Trois amies fréquentent cette institution, soit Thérèse et Pierrette, ainsi que Simone.  Cette dernière bénéficie d’une chirurgie esthétique généreusement donnée pour corriger son bec-de-lièvre.  L’opération réussit, mais sera lourde de conséquences lorsque l’infortunée enfant fera face à la colère de la directrice, laquelle n’apprécie évidemment pas qu’un tel bonheur arrive à une fille qui, dans l’esprit tordu de caisse enregistreuse de la sœur, doit demeurer pauvre et éperdue de gratitude de ce qu’on ne lui fasse pas payer sa scolarité.  Sans compter toutes les luttes, plus souvent mesquines, entre les religieuses et même les élèves.  Il est navrant de constater à quel point la prose de Tremblay est encore d’actualité.  Les habits changent, mais la mesquinerie des femmes demeure.

 

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On a demandé à Catherine de Léan d’incarner Thérèse, la première de classe.  Curieusement, ce choix est quelque peu malheureux au point de vue physique.  Le savoir-faire de la comédienne n’est aucunement mis en doute ici.  Mais elle fait plus vieux que les douze ans  qu’elle est supposée avoir dans la pièce.  S’il n’y avait pas l’angle amoureux, avec Gérard (Sébastien Huberdeau), ça pourrait passer sans problèmes.  Mais justement, on partage moins l’horreur de Gérard face à son amour pour Thérèse, car on oublie trop facilement qu’elle est supposée être une enfant, et non une adolescente, telle qu’elle apparaît à mes yeux.  Tout le contraire de Geneviève Schmidt, dans le personnage de Lucienne, la « teigne ».  Celle-là fait si bien illusion qu’on a réellement l’impression de se retrouver devant une enfant des plus collantes.  Même Marie-Ève Milot et Sylvianne Rivest – Beauséjour, respectivement Pierrette et Simone, tirent bien leur épingle du jeu.  Mais dans leur cas, il n’y a pas de jeune homme amoureux pour brouiller les cartes…

 

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Du côté des religieuses, Muriel Dutil joue la Mère Dragon du yable, cette directrice d’école qui a tellement à cœur le bien d’autrui…surtout lorsqu’il arrive dans les coffres de la communauté!  À surveiller, une altercation épique entre elle et la mère de Simone, qui ne saura vous laisser indifférent! 


Malgré ma réserve précédemment mentionnée sur Catherine de Léan, réserve toutefois bien mince, l’ensemble de la distribution est parfaitement rodé.  Tant religieuses qu’élèves et leurs mères font des merveilles avec les personnages qui leur sont assignés, et le texte de Tremblay.


Si vous avez connu les années 40, 50 et 60, vous retrouverez sans nul doute des personnages et des situations qui ont marqué votre jeune vie.  En cela, la pièce demeure une fenêtre ouverte sur un monde désormais révolu.


Le décor, simple à souhait, permet plusieurs configurations, avec ses hautes grilles de fer.  Tellement hautes, en fait, qu’elles font penser à une prison.  Et c’est un peu ce qu’est cette institution, au bout du compte.


Mon seul problème avec la pièce vient d’un détail technique.  On ne nous permet pas d’oublier d’où est issue la pièce, au point de citer des passages du roman sur l’écran en toile de fond, présentant ainsi les personnages principaux.  Mais voilà, le décor aux hautes grilles empêche une lecture adéquate pour ceux qui ne sauront manquer de lire ce qui se passe à l’écran.


Mais nul besoin de lire quelques bouts de texte pour apprécier pleinement cette pièce.  Venez voir comment vivaient nos grand-mères, lorsqu’elles allaient à l’école.  Vous sortirez du théâtre en vous disant que nous avons quand même fait du chemin, en tant que québécois, depuis la révolution tranquille!

Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges est en représentation jusqu’au 20 octobre, à la salle Jean-Duceppe de la Place des Arts.

 

 

 


Texte de Michel Tremblay, dans une mise en scène de Serge Denoncourt
Avec : Josée Beaulieu, Sophie Clément, Catherine De Léan, Isabelle Drainville, Sébastien Huberdeau, Lynda Johnson, Danielle Lépine, Manon Lussier, Marie-Ève Milot, Sylvianne Rivest-Beauséjour, Geneviève Schmidt
Décor et accessoires : Louise Campeau
Costumes : François Barbeau
Éclairages : Martin Labrecque
Vidéo : Roger Dufresne
Bande sonore : Michael Binette

 

Pour en savoir plus : http://duceppe.com/piece/therese-et-pierrette-a-lecole-des-saints-anges

 

Photos : François Brunelle (514).937.9746)
Vidéo : duceppe1 sur YouTube

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