Mario Landerman

Vendredi 15 mars 2013

par Mario Landerman

Théâtre

Yerma

Yerma : Une pièce émotionnellement puissante!

 

Je ne savais à quoi m’attendre, à la première de Yerma jeudi soir.  Chose certaine, je savais en sortant du Conservatoire que j’avais vu une pièce émotionellement chargée et puissante.


Yerma, de Federico Garcia Lorca, forme avec Noces de sang et La maison de Bernarda Alba, une trilogie paysanne dont cette pièce est sans doute la plus violente, tant au niveau physique qu’émotionnel.  La compagnie de théâtre Camera Obscura complète avec Yerma le second volet du triptyque Lorca, qu’elle avait commencé avec Noces de sang, en 2010.

 

Yerma
Daniel Gadouas, le gardien de Yerma (Sarah Gravel)


Cette tragédie tourne autour de Yerma (Sarah Gravel, excellente), femme stérile et frustrée dans son désir d’enfanter.  Son mari, Juan (Daniel Gadouas, qui ne cède pas un pouce de terrain sur l’excellence), un homme plus vieux qu’elle et au mode de vie strict, la confine au foyer.  Yerma, qui signifie une terre aride, s’étiole, tout en devenant de plus en plus amère face à son instinct maternel qui ne peut trouver d’assouvissement.  Eloisa Cervantes et Maxime Després complètent la distribution dans des rôles destinés involontairement à troubler et tourmenter davantage le personnage-titre.

 

Yerma
Une Suzanne Garceau dangereusemet en forme!


Dans l’Espagne machiste et catholique de 1934, famille et voisins contribueront tous au dénouement dramatique, en poussant Yerma à bout par leurs commérages et leurs machinations.  Suzanne Garçeau, en vieille paysanne qui encourage Yerma à tromper son mari, s’avère un excellent exemple de ce machiavélisme de campagne.  Celui-là même qu’on retrouve encore aujourd’hui dans des villages reculés du Québec.

 

Yerma
Maxime Després et Sarah Gravel


La mise en scène de Patrice Tremblay est fort efficace, tout comme le décor, des plus dépouillés, qui permet de mettre davantage l’accent sur les dialogues, sans fioritures pour faire errer le regard ailleurs que sur les personnages.  Lesquels, de par la force du texte, en sont des plus captivants.

 

Yerma
Eloisa Cervantes et Sarah Gravel


Yerma est une de ces pièces qui sont parfois reléguées dans l’ombre de productions théâtrales à grand déploiement publicitaire.  Pourtant, le public aurait tort de favoriser le contenant au détriment du contenu.  Car, du contenu, il y en a ;a profusion dans Yerma.  Au point que vous sortirez du Conservatoire, comme moi, avec en tête des personnages inoubliables, tant par l’écriture que par l’interprétation.

 

 

 

Yerma, de Federico Garcia Lorca
Mise en scène de Patrice Tremblay
Avec Sarah Gravel, Daniel Gadouas, Suzanne Garceau, Eloisa Cervantes et Maxime Després


Du 14 au 30 mars 2013
Les mardis, jeudis, vendredis et samedis à 20h, les mercredis, 19h
Présentation additionnelles les samedis 23 et 30 mars à 16h


Studio Jean-Valcourt du Conservatoire
4750, aveue Henri-Julien
Billets : Réseau Admission au 1-855-790-1245 ou au www.admission.com
Conservatoire au 514-873-4031, poste 313


Pour en savoir plus : http://www.theatrecameraobscura.com/crbst_6.html

Photos : Courtoisie Théâtre Camera Obscura