Mardi, 7 septembre 2010
par Marie-Ange Barbancourt (collaboration spéciale)

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Affiche

Le dernier safar, un film surprenant de Djamel Azizi

 

Dans la catégorie  regard sur les cinémas du monde, le FFM nous a présenté Le dernier safar.  Un très beau film du cinéaste d’origine algérienne Djamel Azizi qui a à son actif  plusieurs films dont El yamama (La colombe), Baby SittingTransporteur de rêves, etc. Celui-ci arrive à faire un film qui, tout en nous divertissant, nous offre une seconde lecture. 

Un projectionniste mis à la retraite se sert de son camion comme gîte et salle de projection.  Il va ainsi de village en village montrer des films aux populations démunies.

 

Marie-Ange barbancourt : Djamel Azizi, cette histoire est un prétexte pour votre prise de position.  Cette deuxième lecture m'a interpellée, même les extraits de films que le projectionniste livre aux spectateurs est un choix engagé. Pourquoi cette approche?

Dans ce film, il y a en effet deux sortes de langage.  On essaie de s'approcher du dialogue  par le regard.  Quand j'étais gamin, on m'a toujours dit : qu'est-ce-que tu regardes?  D'où pour moi l'importance du regard, il y a tout de suite un lien.  J'ai toujours cherché cette deuxième lecture dans mes films. Ce film est un regard, et à travers ce regard, on découvre un pays d'une manière sincère. Quant aux choix de mes extraits, c'était une idée qui m'est venue comme ça.  Et en la traitant, ça a pris chair dans cet environnement. Je voulais ainsi habiller cette idée en choisissant des extraits de films engagés.  Effectivement, il y a une lecture politique du film, le choix des extraits n'est pas anodin.  Des films des années 70  et 2000, ces films marquants correspondaient à la réalité que je cherchais et apporte une force à mon scénario.  En projetant  Le péché, un film égyptien sur le minaret d'une mosquée, c'est une idée formidable.  J'aime porter un regard sur la société peu importe  laquelle... c'est par le regard qu'on passe un message, il ne trahit jamais.

Marie-Ange Barbancourt : Le cinéaste  parle beaucoup du regard est-ce qu'il y a un grand vide culturel en Algérie, vous semblez être touché par cela?

Par le regard on s'imprègne,  on apprend des choses... Il y a des choses que je n'accepte pas... Je dénonce les injustices, les salles de cinéma, les bibliothèques,  les maisons de la culture qui sont fermées...   C'est une préoccupation pour moi, le vide culturel.  Je montre ce beau pays riche, avec une culture millénaire  qui se perd.  Le personnage principal est un résistant .  Vous savez, quand j'étais enfant, mon père m'emmenait au cinéma et ça a été un apport considérable dans mon éducation. Ça m'a permis de m'ouvrir au monde.

Marie-Ange Barbancourt : Cette histoire nous interpelle peu importe la société à laquelle on appartient...  Elle nous rappelle qu'une culture, c'est fragile et qu'il faut l'entretenir, la maintenir et la diffuser. Pour votre prochain film vous aller continuer  à provoquer tout en divertissant?  Qu'avez-vous envie de mettre à l'écran?

Un pécheur qui travaille toute la journée et vend les produits de sa pêche aux grands restaurants.  Et, le soir, il s'habille bien et va payer pour manger dans ces mêmes restaurants.  

Vous savez, je suis partagé entre la mer et  le désert mon grand-père était éleveur de chameaux.

Marie-Ange Barbancourt : Merci Djamel Azizi pour ce beau film, ce beau voyage. 

 

 

 

 

 

 

 

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