Vendredi, 20 avril 2007
par Marie-Ange Barbancourt (collaboration spéciale)

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

 

Un nouveau courant du cinéma africain

ÉtoileÉtoileÉtoile½

L’ouverture des 23e Journées du cinéma africain et créole a eu lieu hier avec la première de Africa Paradis du cinéaste africain Sylvestre Amoussou, originaire du Bénin.  Comédien d’abord,  n’ayant pas eu les rôles convoités, il se tournera vers la réalisation  et après 4 courts métrages, il réussit enfin à faire ce premier long métrage qui reflète les questionnements du cinéaste.


Modibo Koudossou et sa soeur raciste
(Sylvestre Amossou et la désopilante Mylène Wagram).

Africa Paradis,  c’est un monde inversé dans l’imaginaire.  L’Afrique est devenu un pays fort tant socialement, qu’économiquement alors qu’en Europe les gens vivent dans une grande pauvreté. Le taux de chômage est à plus de 60%, les blancs veulent émigrer en Afrique et ils essaieront d’y arriver par tous les moyens même si les professeurs et ingénieurs en informatique ne peuvent avoir que du boulot de troisième ordre :  domestique, chauffeur, éboueur, jardinier…


Olivier et Pauline cherchent par tous les moyens à se bâtir
une vie meilleure en Afrique (Stéphane Roux et Charlotte Vermeil).

Un film amusant, qui décape l’esprit et nous interroge sur le regard qu’on porte sur les autres et sur l’immigration.  Ce qui est intéressant dans ce film c’est ce qu’il y a entre les lignes, au delà de la comédie.  Les malaises profonds ressortent et se dissolvent bien dans un humour fin. On rit jusqu’à oublier les défauts de cette première œuvre de Sylvestre Amoussou qui en plus d’être le réalisateur tient un premier rôle dans Africa Paradis.  Les scènes sont prévisibles; au niveau du débit, on aurait aimé qu’il y ait un peu plus de travail de ce côté-là.   Mais il y a une bonne direction d’acteurs.


Le sombre vilain du film, Yokossi (Abossolo M'Bo).
Jean-Marie Le Pen n'a qu'à bien se tenir!

Avec Africa Paradis, le cinéma africain prend du galon et il nous donne l’impression qu’il sort de son registre de cinéma ghetto, ou de salle paroissiale, et il  s’inscrit bien de par sa facture dans un nouveau courant du cinéma africain.

Africa Paradis, un ton léger, un sujet grave, qui passe bien dans le mixeur de la comédie.

Scénario : Pierre Sauvil d’après une idée de Sylvestre Amoussou, avec Sandrine Bulteau, Stéphane Roux, Charlotte Vermeil,  Eriq Ebouaney, Sylvestre Amoussou.

Pan Africa international,  les 23e journées du cinéma africain et créole.

Rappelons-le : 101 films sont présentés en provenance d’une trentaine de pays jusqu’au 29 avril au Cinéma Beaubien, Cinéma ONF et Cinéma du Parc.

À Québec, jusqu’au 27 avril au Musée de la civilisation.

Bon festival !

Pour en savoir plus : http://africa.paradis.free.fr/

http://www.vuesdafrique.org/

©2010, zoneculture.com--Tous droits réservés