26 juillet, 2006 par Royal du Perron


Rencontre loufoque des deux solitudes

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Le hasard ou les circonstances font rencontrer deux policiers totalement différents. Le Québécois débridé David Bouchard, interprété par Patrick Huard devra travailler avec Martin Ward joué par Colm Feore (Chicago) venu de Toronto la pure.

Celui-ci observera la loi scrupuleusement pendant que celui-là fera la sienne. Mais pourquoi travaillent-ils donc ensemble ? On ne sait trop quel corps de police devra mener l’enquête car le cadavre de Benoît Brisset (André Robitaille) a été trouvé à cheval sur le panneau délimitant les deux provinces. «Il a le cœur au Québec mais l’Ontario dans l’cul», dira Bouchard, dans une boutade qui donnera le ton à toutes les autres. Évidemment, les deux protagonistes seront condamnés à faire équipe.

Une belle occasion pour le réalisateur Érik Canuel d’exploiter la rencontre des deux solitudes. Il s’en donne d’ailleurs à cœur joie dans diverses situations cocasses et souvent abracadabrantes mais avec un humour omniprésent, parfois assez subtil. Beaucoup, beaucoup de situations loufoques et pleines de cabotinage. Comme cet incendie où Bouchard se retrouve de longs moments sous une baignoire pour se protéger du feu. Ou encore, lors d’une baise torride avec la Torontoise Iris (Sarain Boylan), qui lui criera plusieurs fois les mots libérateurs d’un certain Général, venu nous visiter lors de l’Expo ’67.

Les clichés abondent à chaque minute dans ce film policier où les coffres de voiture sont toujours remplis de personnages indésirables. Des effets spéciaux, des cascades, des explosions, des courses folles sont calqués sur le modèle américain. Si vous aimez ce genre de films, un vrai régal vous attend.

D'excellents acteurs font partie de la distribution. Louis-José Houde à qui cette fois on a donné plus de temps de glace. Très drôle, le jeune humoriste. Il crève l’écran dans le rôle de Jeff, le technicien de laboratoire, mi-sérieux, mi-badin. À quand un premier rôle, écrit spécifiquement pour lui ?

Comme dans La loi du cochon, l’excellent Sylvain Marcel, joue Luc Therrin, le gros méchant, avec l’œil du tueur. Il se déguisera en mascotte dans une conférence de presse sportive où le héros, qui a vendu un club de hockey aux Américains, sera traité de tous les noms. Mais le sport aura plutôt lieu dans un studio torontois où David Bouchard, pète encore les plombs, cette fois en direct à la télévision.

Bon cop, bad cop est un divertissement estival, sans autre prétention que de faire rire. Mais si Patrick Huard convoite toujours la petite statuette hollywoodienne, il devrait peut-être changer de trajectoire.

Bon cop, bad cop, Canada, 120 min.

Sortie : 3 août 2006 au Québec, 11 août, partout au Canada

Photos: Alliance Atlantis Vivafilms