2 septembre, 2006 par Mario Landerman


Rapport FFM, jour 2

J'ai vu trois films aujourd'hui: The Oh in Ohio, Milk and Opium, et Under the Ice.

The Oh in Ohio

Film en première mondiale. États-Unis, 2006, Couleur, 88 minutes. Réalisateur Billy Kent. Avec: Parker Posey, Paul Rudd, Mischa Barton, Miranda Bailey, Liza Minnelli, Danny DeVito, Robert John Burke, Keith David.

En thérapie sexuelle

Priscilla Chase habite Cleveland avec son mari. Tout semble lui avoir réussi dans la vie: son mari, sa maison, son travail. Air connu. Mais au lit, il semble que rien n'aille plus. Ça commence bien et ça finit mal. Car à la toute fin, il y a ce petit quelque chose qui manque. Son mari n'est pas tout à fait satisfait de la situation. C'est la raison pour laquelle il va finir par quitter Priscilla et vivre une aventure plus intéressante, disons plus complète, avec une de ses élèves au lycée. Soudain, le merveilleux petit univers idyllique de Priscilla s'écroule: «Il me laisse, que faire, c'est ma faute, etc.» Elle décide alors d'entreprendre une sorte de croisade au long de laquelle elle va s'embarquer dans une chasse au sexe qui lui permettra, à l'arrivée, de devenir aussi bonne entre les draps qu'au bureau. Ce voyage unique en son genre va la lancer dans les bras de l'homme inattendu, qui ne l'attendait pas, qu'elle n'attendait pas. Comme quoi le bonheur, fugitif ou pas, total ou pas, se trouve dans les endroits les plus improbables.

Priscilla, ou une vie réussie?

Le point de vue de Mario: Pour un début, c'en est un bon. Il s'agit du premier long métrage réalisé par Billy Kent. Pour les États-Unis, c'est une comédie qui étonne un peu, si on en juge par le puritanisme montré par nos voisins du sud en général. Malheureusement, même si c'est une bonne comédie, elle n'apporte rien de neuf au genre des comédies sexuelles. Ce film devrait paraître sur nos écrans bientôt.

"Mon Dieu! Quelle chute!"


Milk and Opium

Film en première canadienne. Inde, 2006, couleur, 85 minutes. Réalisateur: Joel Palombo. Avec: Swaroop Khan, Nizam Khan, Mohamad Khan, Manjoor Khan, Deepak Castelino, Santosh Poudel.

Swaroop Khan, star de Milk and Opium

Swaroop, jeune Indien issu d'une caste de musiciens, quitte son village avec son oncle Nizam pour aller chercher du travail à la grande ville. Innocent, mais curieux, l'adolescent de 14 ans commence tout juste à découvrir le monde. Son périple initiatique le conduit à travers une Inde insolite, aussi magnifique que surréaliste. Confronté à une société en mutation, soumise aux lois de la globalisation et qui contraste avec son mode de vie traditionnel, Swaroop essaie tout de même de s'adapter malgré son statut de musicien itinérant, perdu au milieu de la grande cité tentaculaire. Il rencontrera Santosh qui étudie pour devenir prêtre...

En duo avec Mohamad

Le point de vue de Mario: Ne vous leurrez pas. Malgré les fortes apparences de documentaire, il s'agit d'un film de fiction. Tout en contrastes, où la vie rurale s'oppose à celle de la grande ville, la pauvreté à la richesse. Il en est ainsi tout au long de cette oeuvre, laquelle m'a ravi. Pas juste pour cette étude de contrastes, mais aussi pour le naturel des acteurs, en particulier le jeune Swaroop. Ces derniers contribuent à brouiller la barrière invisible entre le documentaire et la fiction. Mon premier coup de coeur de la journée!


Under the Ice

Film en première nord-américaine. Allemagne, 2006, couleur, 94 minutes. Réalisatrice: Aelrun Goette. Avec: Bibiana Beglau, Adrian Wahlen, Dirk Borchardt, Sandra Borgmann, Susanne Lothar.

Une mère perturbée

Jenny et Michael, un couple uni, vivent avec leur fils de sept ans, Tim, dans une jolie maison en banlieue. Sandra et son mari Günther viennent d'emménager dans le voisinage et Jenny les aide à s'installer. Ils ont une fille, Luzi, qui est la camarade de classe et de jeu de Tim. Un jour, Tim et Luzi partent jouer en secret dans les bois. Tim rentre seul et Luzi est retrouvée morte. Pour protéger son fils, Jenny décide de mentir, et elle interdit à Tim de raconter ce qui s'est passé, pas même à son père, qui, par ailleurs, est commissaire de police et a été chargé de l'enquête. Mais à l'école, le comportement étrange du jeune garçon commence à inquiéter son institutrice, Madame Pötter.

Et un père qui ne l'est pas moins

Le point de vue de Mario: Le problème de la surprotection de l'enfant par sa mère est brillamment dépeint dans ce film. De ce qui, au départ était un accident, la mère en fait un drame qui perturbe l'enfant et toute la famille, sans peut-être aucun espoir de voir les choses revenir à la normale. L'atmosphère oppressante contribue beaucoup à prendre cette famille, somme toute, ordinaire, et à pervertir toute l'humanité qui la contient. Mon second coup de coeur de la journée!