8 septembre, 2006 par Mario Landerman


Rapport FFM, jour 3

J’ai vu trois films récemment au Festival de Films du Monde.

First Flight

États-Unis, 2006, couleur, 8 minutes. Présenté lors de l’ouverture du FFM. Réalisateurs: Cameron Hood, Kyle Jefferson.

Un homme d’affaires tendu, nerveux et hyper organisé voit sa vie prendre un nouveau tournant à la suite de sa rencontre inattendue avec un oisillon.

Une scène de First Flight

Le point de vue de Mario: Il s’agit du premier film de ces deux réalisateurs, lesquels sont natifs de Toronto. Comment résister à ce petit oiseau, si drôle et si attachant, ainsi qu’à son mentor d’un jour? L’animation par ordinateur rivalise avec les efforts de Pixar, et on se surprend à l’étonnement de ne pas voir le logo Disney sur ce film, mais bien celui de Dreamworks. Un effort que le tandem Disney/Pixar n’aurait certes pas renié. Mon premier coup de coeur de ce rapport!


Nos Amis les Terriens

France, 2006, couleur, 85 minutes. Présenté lors de l’ouverture du FFM en première mondiale. Réalisateur: Bernard Werber. Avec: Annelise Hesme, Audrey Dana, Thomas Le Douarec, Boris Ventura, Wioletta Michalczuk, Tonio Descanvelles.

Tous les terriens enlevés

Que pourraient bien penser les extraterrestres s’ils pouvaient nous observer? À travers l’observation de nos cités et de nos comportements, un commentateur extraterrestre essaie, tout comme dans un documentaire animalier, de nous comprendre. Deux couples-tests sont particulièrement étudiés. Ursuline et Donalien, une femelle et un mâle terriens, vont se rencontrer et s’aimer dans leur habitat naturel. En parallèle, nous suivons Agathe et Bertrand, deux autres terriens, qui eux ont été enlevés pour être étudiés en cage. De l’observation des terriens “in vivo”, c’est-à-dire dans leur milieu naturel, puis “in vitro”, soit en milieu captif, les extraterrestres présentés par une caméra subjective et leur commentateur vont essayer de déduire quelle est cette curieuse espèce animale qui règne sur Terre. Ils vont oser se poser les questions que nous n’osons plus nous poser: Sommes-nous des animaux estimables? Sommes-nous intelligents? Sommes-nous capables d’évoluer? Sommes-nous bons…à manger? Sommes-nous prêts à les rencontrer?

Bernard Werber, le réalisateur, lors du tournage

Le point de vue de Mario: À part quelques longueurs qui alourdissent un peu le film, et une envolée sur les poulets qui a donné de l’urticaire à mon collègue présent à la projection, il s’agit d’un film intelligent, qui pose des questions valables, et tente d’y répondre de façon entraînante pour le public. Le film est par moments très drôle, même s’il ne s’agit pas vraiment d’une comédie. Je prédis que ce film va finir dans nos salles.

Zoneculture.com a rencontré le réalisateur, et cette entrevue sera publiée prochainement.


Ruido (Noise)

Porto Rico, 2006, couleur, 100 minutes. Film présenté en première mondiale. Réalisateur: César Rodriguez. Avec: Maria Coral, Otero Soto, José Rafael Alvarez, Blanca Lissette Cruz, Francisco Capo, Téofilo Torres.

Franchi, jeune adolescente, souffre d’un mal curieux lui affectant l’ouïe, ce qui ne l’empêche pas de mener une vie tout à fait normale. Du moins jusqu’au jour où ses parents décident de divorcer. Franchi reste sous la garde de sa mère, soqui, qui, très vite, entretient une relation amoureuse et passionnée avec Johnny, un homme qu’elle vient de rencontrer. Le fait est que Soqui tient tellement à refaire sa vie que cette quête devient pour elle une obsession. Elle va même jusqu’à convaincre son amant de s’installer chez elle. Ravi, johnny accepte sans aucune hésitation. Mais à mesure que le temps passe, la jeune Franchi commence à sentir quelque chose d’inquiétant dans le comportement de Johnny à son égard. Perdue dans une sorte de somnolence romantique, Soqui ne se rend compte de rien. Franchi ne sait plus à qui s’adresser. Face à une lutte intérieure qu’elle n’a aucunement l’intention de perdre, elle décide de se défendre en utilisant les grands moyens.

Une scène de Ruido

Le point de vue de Mario: Un des meilleurs films sur l’adolescence que j’ai vu depuis des années. N’en déplaise à nos voisins du sud, les ados, ce n’est pas seulement les centre d’achats, les vêtements et le “high school”. C’est aussi le côté sordide de grandir, comme en fait foi Franchi dans son évolution face à l’amant de sa mère. Oubliez les Aurore, et autres martyres de l’enfance et de l’adolescence. Franchi est une lutteuse, et elle se sert des moyens à sa disposition pour prendre le contrôle de sa vie. Certaines scènes du film vont déranger les âmes sensibles et vertueuses. Mais il n’en demeure pas moins que l’accent de la sincérité imprègne ce long métrage du début à la fin. Mon second coup de coeur de ce rapport.