10 septembre, 2006 par Mario Landerman


Rapport FFM, jour 4

Il ne me reste maintenant qu’à répertorier tous les autres films que j’ai vus à ce festival, afin de clore ce rapport sur la 30ème édition du FFM.

Snow in the Wind

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Chine, 2006. Couleur, 106 minutes. Présenté en première mondiale. Réalisateur: Yang Yahzou. Avec: Ni Ping, Liu Wei, Miao Pu, Yan Lishu, Liu Yan, Li Yarong, Su Tingshi, Wang Qunying, Yuan Jin, Huan Xinyu, Zhao Qianzi, Wang Ying, Xing Xinxin.

Fille de la campagne ayant grandi au nord de la Chine, Fish Zhang élève des bourriques avec son père. Son passe-temps favori est d'aller au cinéma. Pour ne pas interrompre cette distraction, elle épouse Film Wang, un projectionniste, malgré le désaccord de son père.

Au début, tout va bien pour le couple. Les gens viennent voir les films et eux gagnent bien leur vie. Mais Film Wang, homme aimable, est très aimé, particulièrement des filles. Ce qui ne fait pas l'affaire de Fish, mais elle n'a guère le choix. Trois filles naîtront de leur union.

Un jour, Film Wang est victime d'un accident qui le rend temporairement invalide. Le projecteur doit être vendu. Fish décide de le racheter: c'est elle-même qui s'occupera des projections. Peu de temps après, Film Wang retrouve l'usage de ses jambes. Comme elle ne veut pas qu'il demeure oisif, Fish lui trouve un travail au restaurant de Lady Hu.

Très vite après l'arrivée de Film Wang, la clientèle ne cesse d'augmenter chez Lady Hu qui s'habitue de plus en plus à son nouvel employé, à tel point qu'une liaison amoureuse va bientôt les unir. Lady Hu tombe enceinte et Fish s'en aperçoit...

Ce film est le premier de deux que j’ai visionnés, ayant comme points communs la Chine, et les débuts du cinéma. Malgré que les deux long métrages avaient des problèmes en ce qui a trait à la longueur des scènes, notamment, Snow in the Wind demeure le meilleur des deux. Le jeu des acteurs est tout simplement meilleur ici que dans l’autre film, dont je fais une courte critique par après. Le jury du FFM ne s’y est pas trompé, en accordant un prix à l’actrice Ni Ping, pour sa performance convaincante.

Malgré cela, le film souffre de longueurs qui nous font regarder notre montre à plus d’une reprise. Sans compter plusieurs scènes répétitives, lesquelles auraient pu être arrangées différemment afin d’assurer une certaine variété.


Ding Jun Shan

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Chine, 2006. Couleur, 104 minutes. Présenté en première internationale. Réalisateur: An Zhanjun. Avec: Yang Lixin, Tan Yuanshou, Liang Jingke, Hao Rongguang.

Le cinéma fait son apparition en Chine il y a environ cent ans. Ren Jingtai, photographe bien connu de Beijing, également propriétaire d'un studio de production, a une idée lumineuse. Il décide de réaliser son propre film avec l'intention de montrer diverses facettes de l'art chinois.

Lorsqu'il assiste à la fête célébrant l'anniversaire du célèbre chanteur lyrique Tan Xinpei, il décide que son film porterait sur le célèbre Opéra de Pékin. Tan soutient généreusement le travail de Ren et de son assistant Liu et le film finit par être réalisé et montré au public, qui lui réserve un accueil entousiaste. C'est ainsi qu'est né le premier film chinois.

Comme je le disais précédemment, ce film souffre également de quelques longueurs, quoiqu’il y en ait moins que pour Snow in the Wind. Cependant, la faiblesse majeure du film demeure dans le jeu des acteurs, lesquels se comportent, sauf une ou deux exceptions, comme des mannequins d’étalage. Ces mannequins portent à merveille les costumes d’époque de ce long métrage, mais rien de plus, hélas! Un de mes regrets les plus cuisants du FFM fut d’avoir vu ce film. Dommage. Débarrassé de ses faiblesses, quel beau film aurait pu voir le jour!


Mon Frère Se Marie

***1/2

Suisse-France, 2006. Couleur, 94 minutes. Présenté en première internationale. Réalisateur: Jean-Stéphane Bron. Avec: Aurore Clément, Jean-Luc Bideau, Cyril Troley, Delphine Chuillot, Quoc Dung Nguyen, Michèle Rohrbach.

Vinh, adopté vingt ans plus tôt dans une famille suisse, va se marier. Sa mère vietnamienne décide de saisir l'occasion pour rencontrer enfin cette famille idéale qui a aimé et élevé son fils. Avec Claire, Michel, Jacques et Catherine, elle aimerait vivre ce moment important et mettre des visages sur ces signatures qui, chaque année à Noël, au dos d'une carte postale, lui disent que tout va bien et que la famille unie est en pensée avec elle. Mais cela fait plus de dix ans que Claire n'adresse plus la parole à Michel et chacun vit dans son coin. L'annonce de la venue de madame Nguyen va mettre en émoi les Depierraz. Voilà qu'il va falloir se replonger, pour une longue semaine, dans des rôles de père, de mère, de frère et de soeur...

Ce film est une très bonne comédie de situation. Comme dans toutes les comédies où les circonstances obligent les personnages à performer des rôles qui leur sont devenus étrangers, il ne faut pas trop longtemps avant que les masques ne tombent. La tension provoquée demeure parmi les moments les plus hilarants du film. Je prédis que cette comédie va se retrouver sur nos écrans sous peu.


Route 66 Australia

***1/2

Canada, 2006. Couleur, 5 minutes. Réalisateur: Roger Otis.

Un voyage à travers l'Outback australien qui nous fait découvrir la mythique Route 66, le royaume des roadtrains.

Ce court métrage s’avère intéressant par son emploi des perspectives. Pourrait faire un excellent vidéo musical.


Tradition

****

Allemagne, 2006. Couleur, 9 minutes. Réalisateur: Peter Ladkani. Avec: Konstantinos Batsaras, Rosetta Pedone, Swen Mai, Sebahat Ünal, Baris Sezer.

Lors d'une grande fête familiale à l'orientale, la fatalité touche la vie d'un petit garçon et de sa soeur qui, contrairement à la tradition, vit avec son ami et s'apprête à entamer une nouvelle existence.

Ce film est choquant par sa finale, et le réalisateur nous fait réaliser à la fin de ce court métrage qu’il y a beaucoup d’enfants qui sont envoyés en mission meurtrière pour tuer des membres de leur propre famille. Ça fait réfléchir. Très bien réalisé, je déplore cependant qu’on ne puisse pas le voir autrement que dans des festivals.


Close Your Eyes and Do Not Breathe

***

Allemagne, 2006. Couleur, 8 minutes. Réalisateur: Vuk Jevremovic.

C'est la pleine lune. Soudain, une ombre entre par la fenêtre et emporte notre héros. Un vol de nuit: est-ce un amour perdu ou tout simplement un rêve? Adaptation d'un nouvelle d'Ivan Tourgueniev.

Très bonne vision onirique, bien rendue dans le peu de temps imparti. M’a donné le goût de rechercher et lire la nouvelle dont est issue ce court métrage.


En conclusion

Voilà, ce reportage termine la liste des films que j’ai vus au Festival des Films du Monde. J’espère que mes courtes critiques vous auront donné le goût de voir quelques-uns de ces films, lorsque ces derniers apparaîtront sur nos écrans.

Ce fut un plaisir de couvrir le FFM cette année, et je compte bien en faire autant l’an prochain. Merci de m’avoir suivi dans cette série d’articles, et à l’année prochaine.