19 septembre, 2006 par Mario Landerman


***1/2

États-Unis, 2006. Couleur, 126 minutes. Réalisateur: Allen Coulter. Avec: Adrien Brody, Diane Lane, Ben Affleck, Bob Hoskins, Molly Parker, Robin Tunney, Joe Spano, Dash Mihok, Brad William Henke, Walter Rinaldi, Caroline Dhavernas.

Caroline Dhavernas pose fièrement devant l'affiche
du film pour le Québec.

Le 16 juin 1959, les projecteurs s'éteignent sur l'acteur George Reeves, le héros, l'homme de fer de la télésérie Les Aventures de Superman. Un seul coup de feu aura suffi. Derrière lui, il laisse sa fiancée Leonore Lemmon, une starlette ambitieuse, mais aussi des milliers d'admirateurs choqués par sa soudaine disparition.

Sa mère, Helen Bessolo, ne peut contenir son chagrin, mais trouve néanmoins assez de courage pour s'interroger sur les circonstances entourant la disparition de son fils. Pour la police de Los Angeles, cependant, l'affaire est vite classée. Helen retient alors les services d'un détective privé, Louis Simo, qui, très vite, découvre que la liaison torride que la victime entretenait avec Toni Mannix, la femme d'Eddie Mannix, cadre important aux studios MGM, pourrait détenir la clé de l'énigme.

En entrevue lors du tapis rouge.

Mais à Hollywood, la justice et la vérité sont difficiles à obtenir. Simo s'embarque alors dans un labyrinthe aux voies à la fois dangereuses et insaisissables. Et en essayant d'y voir plus clair, il risque de se brûler. Mais à mesure qu'il s'enfonce dans ce gouffre impénétrable, il découvre non seulement des vérités sur Reeves, mais également sur lui-même. Il réalise que derrière la star qu'était Reeves, se cache un homme complexe qui a tout sacrifié pour Hollywood et la gloire.

Voilà l’histoire d’Hollywoodland. Cette fiction sur la mort de George Reeves tient-elle la route? Oui, et de façon fort convaincante. Les acteurs donnent le meilleur d’eux-mêmes dans ce film, lequel consacre plus particulièrement les talents d’acteurs de Ben Affleck, talents dont plusieurs doutent toujours. Son interprétation de George Reeves est juste, et ne dépasse jamais la mesure. En fait, on ne peut que faire un parallèle entre la carrière de George Reeves et celle de Ben Affleck. Tous deux ont enfourché la gloire, le temps d’une série de télévision pour l’un, d’un film pour l’autre. Et tous deux se sont retrouvés lessivés après une série de désastres cinématographiques.

L’histoire “biographique” de George Reeves constitue la moitié de ce film. L’autre concerne un détective privé, Louis Simo (Adrien Brody), qui tente de prouver que la mort de l’acteur est due à une conspiration hollywoodienne, menée par Eddie Mannix (Bob Hoskins); une vengeance de mari trompé. Curieusement, alors que Brody est sans conteste le meilleur acteur du duo qu’il forme avec Affleck, ce dernier s’en tire avec honneur, alors que Brody offre une performance parfois peu convaincante, particulièrement dans les relations du détective privé avec son fils, un inconditionnel de Superman.

Il y avait foule pour la première du film.

Mis à part cette faute, ce dernier campe son détective privé avec brio, volant la plupart des scènes où il apparaît.

Diane Lane et Bob Hoskins, en tant qu’un des couples royaux d’Hollywood, les Mannix, offrent un curieux mélange de glamour et de mafia, qui colle très bien avec cette histoire. Diane Lane en particulier est fascinante à voir évoluer à l’écran, d’abord en tant que sirène qui donne sa chance à Reeves, puis en tant que femme blessée d’avoir été rejetée par ce même Reeves.

Cependant, on ne peut que déplorer les trop courts moments à l’écran de Caroline Dhavernas, qui fait ce qu’elle peut avec le petit rôle qu’on lui a offert dans cette production.

La production de ce long métrage est excellente. Un soin méticuleux fut apporté aux décors et aux costumes, ainsi qu’il sied à un film à caractère d’époque. On ne peut que rapporter deux bévues: les sauts d’une histoire à l’autre sont parfois confus, quoique cela n’arrive pas souvent, et aussi une tentative malheureuse d’inclure Ben Affleck par digitalisation avec Burt Lancaster, dans le film “From Here to Eternity”. En-dehors du fait que l’humiliation de couper le rôle de George Reeves du film relève de la légende urbaine, l’effet est bâclé, tout simplement.

Je recommande ce film avec chaleur. Il n’arrive pas souvent qu’Hollywood nous serve des films de qualité, et celui-ci en est un en définitive. Même ses quelques fautes ne suffisent pas à ternir le brillant de cette production.

Photos : Mario Landerman