Royal du Perron
Mercredi, 24 février 2010
par Royal du Perron
 

La dernière fugue

La dernière fugue : un film lumineux
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L’histoire débute alors qu’un couple septuagénaire (Andrée Lachapelle et Jacques Godin) reçoit ses enfants et leur progéniture pour le traditionnel réveillon de Noël. Le père, très souffrant, est atteint de la maladie de Parkinson et ses agissements sont parfois bizarres. Ses gestes non contrôlés et le ton de sa voix en effraient plusieurs. Bien sûr, cela divise la famille en deux clans : les «bien-pensants» qui voudraient cacher cet hurluberlu en institution, sous prétexte de ménager la mère, et les humanistes (moins nombreux) qui souhaitent lui trouver une qualité de vie vraisemblable avant de mourir dignement.


Après l’avoir apprécié dans Being at homme with Claude de Jean Beaudin, il fait bon revoir Jacques Godin dans un grand rôle.  Sans conteste, l’un de nos meilleurs acteurs. Quarante ans plus tard, on se souvient encore de son interprétation de Lenny dans le Steinbeck Des souris et des hommes à Radio-Canada.  Andrée Lachapelle tient là aussi un rôle très important et elle rend fort bien son personnage de vieille dame aux cheveux blancs, courbée mais toujours digne. Yves Jacques illumine l’écran dans la peau du fils aîné. Vraiment pas bête, son idée d’offrir au paternel ce qu’il y a de meilleur (repas riches et gras, vins rares et fabuleux), quitte à abréger quelque peu les jours d’un homme usé à la corde.  


Plusieurs séquences de flashbacks permettent de comprendre les tenaces rancoeurs familiales et préparent le terrain à une finale exceptionnelle. Il suffit de bien peu (un petit geste) très souvent, pour revirer les situations et changer le cours des choses. Léa Pool a su donner une âme à ce film très touchant.  Certaines scènes émeuvent beaucoup.  Parfois, les yeux s’embrouillent et l’eau salée perle sur les joues.  Mais ce ne sont pas des pleurs de peine ou de chagrin, c’est la beauté des cœurs généreux qui s’exprime sans filtre et sans pudeur : signe du travail réussi d’une cinéaste en quête de perfection.


Parmi les acteurs, tous très bons, citons Marie-France Lambert, Martine Francke, Benoît Gouin, Isabelle Miquelon et le talentueux Alexandre Goyette qui joue le rôle du père en 1968.


Un bémol, la fin arrive un peu vite, comme si soudainement, le film n’avait plus de budget. Mais des histoires graves comme celle-ci, parfois teintée d’humour, aussi bien tournées et montées, amenez-en souvent, on en prendra encore et encore.


La dernière fugue de Léa Pool, d’après le roman Une belle mort de Gil Courtemanche, une coproduction Canada-Luxembourg est produit par Lyse Lafontaine et Nicolas Steil.

 

 


La dernière fugue, un film sensible,  grandiose, lumineux. 


En salles le 28 février. 


Pour en savoir plus : ladernierefugue-lefilm.com

 

Photos : Les films Séville

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