Mario Landerman
Lundi, 18 mai 2009
par Mario Landerman
 

La marque DVD

La marque : un exemple du cinéma indépendant québécois


Voilà un film au parcours peu ordinaire, car il fait preuve d’une rare détermination de voir l’aboutissement d’un travail.  L’histoire de la genèse de ce long métrage est aussi intéressante que le film lui-même.


Imaginez qu’on vous promette 10 M $ de dollars pour produire un film.  Soudain, volte-face, et les millions s’envolent en fumée.  Deux choix s’imposent : tout abandonner ou continuer.  Grâce aux acteurs et à l’équipe technique, après de longs mois de tournage, ce film a pu voir le jour.


La Marque n’est pas un exemple unique en son genre.  Il existe un certain nombre de productions dites indépendantes au Québec.  Parce que beaucoup d’entre elles sont financées à tour de bras par la SODEC, Téléfilm Canada, ou autres organismes paragouvernementaux, je ne peux les considérer comme telles.  Le film de Jonathan Barbe a le mérite de se tenir debout seul, sans les béquilles dorées fournies par les organismes cités plus haut.


Dans La Marque, tout le monde s’est attelé à la tâche avec la sensation de réaliser une oeuvre hors des sentiers battus.


À l’âge de dix ans, Raphaêl, enfant d’une famille à problèmes, commet un geste qui marquera définitivement le reste de sa vie.  Avec l’aide d’un autre garçon, il met  à mort ce qu’il considère comme le symbole de l’autorité à ses yeux : un adulte. Vingt ans plus tard, Raphaël, ne se remet toujours pas de cet acte qui l’obsède. Devenu  photographe légiste pour la police de Montréal, il court les scènes de meurtre, se retrouvant sans cesse confronté à son esprit perturbé et obsessionnel. 


La marque met en scène de nombreux acteurs venus de tous les milieux culturels.  Cinéma, théâtre, télévision, publicités, ils ont tout fait, et ils mettent leur savoir-faire en évidence.  Parmi la liste d’une vingtaine de comédiens, on retrouve Marc Fournier, Sylvio Archambault, Sonia Quirion, Jacques Jalbert, même notre collègue de ZoneCulture, Royal du Perron, y fait un  caméo.

Soulignons au passage la musique de Raymond El-Hajj, très atmosphérique, qui porte littéralement le film, tantôt le secouant, tantôt le cajolant.


Une production qui se compare favorablement à d’autres du même calibre, et c’est là l’ironie du sort. Faute de distributeur, La marque risque de ne pas voir le jour en salles de cinéma. Malgré les quelques erreurs techniques d’une première œuvre,  le film vaut la peine d’être vu.  Mais on préfère financer à coup de millions des noms connus plutôt que des projets, et souvent ces productions très coûteuses déçoivent énormément, Les site consacrés au cinéma regorgent de témoignages de cinéphiles déçus.  Quand on accorde des subventions, pourquoi ne pas plutôt donner la chance au coureur ?

La Marque
Le film a été présenté sur invitation seulement, à la Cinémathèque québécoise, le 10 mars dernier.

 

 

La Marque
Un film de Jonathan Barbe, production de Eagle Eyes Inc.  Producteur : Ramez El-Hajj.  Avec notamment Marc Fournier, Sylvio Archambault , Sonia Quirion, Jacques Jalbert et Vincent Turcotte.

 

Pour en savoir plus :http://eeprofilm.com/index.html

http://www.lamarque.ca/

 

Photo et vidéo d'entrevues : Mario Landerman

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