30 janvier, 2007 par Royal du Perron


Inutilement violent

*** ½

par Royal du Perron

Le réalisateur Guillermo del Toro a situé l’action de son film dans l’Espagne totalitaire de l’après Franco.  C’est la vie dure, voire la famine. Pour survivre, Carmen (Adriana Gil) une femme de bonne société, épouse Vidal (Sergi López) un officier d’armée qui lui apportera ainsi qu’à sa fille Ofelia (Ivana Baquero), aisance et confort dans un contexte social extrêmement difficile.  Mais ce capitaine est cruel et sadique.

Ofelia a bien du mal à accepter ce beau-père franchement antipatique.  Elle découvre un labyrinthe, celui de Pan, un être bizarre, extra-terrestre. Ce dernier lui apprendra qu’elle est la princesse d’un monde magique.  Pour y accéder, cependant, Ofelia devra surmonter trois épreuves de taille.

Le labyrinthe de Pan est un film soigné, éloquent, grandiose. Des acteurs fabuleux, des masques, perruques et costumes époustouflants, des effets visuels efficaces, des décors fantasmagoriques, une direction d’acteurs étonnante, une musique envoûtante (de Javier Navarrete), voilà quelques-unes des raisons qui ont fait du Labyrinthe de Pan, un grand succès international.

Faut-il cependant tolérer sur nos écrans une violence inqualifiable (si brève soit-elle) sans rien dire ni broncher ?  Tirer à bout portant des fermiers parce qu’ils chassent le lièvre pour nourrir leur famille, est-ce vraiment un passage obligé pour comprendre une violence gratuite ? Quand Mercedes (Maribel Verdú) insère un poignard bien coupant dans la bouche du capitaine et lui taillade sauvagement la moitié du visage, le spectateur détourne le regard.

Del Torro était-il obligé de montrer ces images indécentes pour assurer le succès de son film ?  N’y aurait-il pas eu d’autres façons d’illustrer la violence ?  Pour peu, le cinéaste aurait épargné au spectateur les images insoutenables qu’il a choisies de lui imposer.

Pour en savoir plus: lelabyrinthedepan.com

photos: Miramax