Royal du Perron
Mercredi, 5 janvier 2011
par Royal du Perron
 

Le Discours du roi

Le discours du roi : dans l’univers intime d’un monarque

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L’action de situe en Angleterre dans les années ’30. On savait que le roi George VI, le père de l’actuelle souveraine, avait porté la couronne un peu beaucoup malgré lui, après l’abdication de son frère aîné, Édouard VIII. Ce dernier, aveuglé par le mirage d’une intrigante, Wallis Simpson, avait renoncé au trône, disait-il, «pour l’amour d’une femme» dont il connaissait mal tous les subterfuges et infidélités. Ce qui était moins connu chez certains, c’est que le nouveau monarque avait un sérieux problème de bégaiement, un handicap qui le paralysait totalement lorsqu’il devait parler en public. 

 

Discours du roi 1


Après de vaines consultations auprès de gens spécialisés en expression de la parole, Elizabeth (Helena Bonham Carter), la jeune épouse du roi (Colin Firth)  se rend chez un praticien australien vivant à Londres,  Lionel Logue (Geoffrey Rush) et le convainc de rencontrer son mari et la première rencontre entre les deux hommes est une partie de bras-de-fer. Mais peu à peu, le souverain consentira à se laisser guider par les méthodes peu orthodoxes («je vous appelle Bertie, appelez-moi Lionel»)  de son précepteur spécialisé.  Naîtront des progrès étonnants bâtis dans un climat de confiance tel que les deux hommes deviendront amis pour la vie.

 

 


Le film de Tom Hooper (Red Dust, The Damned United) amène donc le spectateur dans l’univers psychologique du monarque et montre clairement ses tiraillements intérieurs.  Ce qui est intéressant, c’est le rapprochement entre les deux hommes au fur et à mesure que le «patient» fait des progrès.  Le réalisateur réussit à rendre certaines scènes très touchantes.

 

Discours du roi 2


Colin Firth est criant de vérité dans le rôle du roi.  Et Geoffrey Rush l’est tout autant dans celui de Logue. Deux acteurs de grand talent réunis sur grand écran dans des scènes poignantes, c’est merveilleux. J’ai bien aimé aussi le jeu charmant et discret de Helena Bonham Carter. Par ailleurs, quiconque connait un peu la lignée des monarques britanniques, peut discuter le choix de Guy Pearce pour incarner Édouard VIII. Non pas que l’acteur soit mauvais (son côté mesquin et retors est bien utilisé) mais il trop velu et viril pour rendre crédible l’homme efféminé et imberbe qu’était fils aîné de George V devenu duc de Windsor à son abdication. Dans les rôles très secondaires, il faut savoir gré à la talentueuse Claire Bloom d’avoir su restituer l’âme de la prude et rigide Queen Mary. Quant à Eve Best, elle rend une aguichante Wallis Simpson en dévoreuse d’hommes fort crédible.

Discours du roi 3

Un film soigné, avec un parti pris évident de plaire à tous, aux Américains, aux Britanniques y compris à la famille royale.  Le film dure deux heures et j’en aurais pris deux autres tellement l’œuvre est soignée.  Évidemment, Hooper ne dévoile ici qu’un seul aspect de tous les problèmes royaux à l’aube de la seconde guerre mondiale, de sorte qu’on peut rester sur son appétit. À la limite, on pourrait en faire une pièce de théâtre car l’accent porte principalement sur les numéros d’acteurs. Qu’importe! Le film comporte de grandes qualités humaines  et esthétiques qui fait passer des moments agréables et parfois émouvants.  Un film basé sur la confiance  dans l’amitié et en quittant la salle, on se sent meilleur. Ce serait étonnant qu’avec toutes ses qualités, Le discours du roi n’aille pas chercher quelques oscars.


En salles actuellement.

 

Photos et vidéo : Alliance

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