Mario Landerman
Jeudi, 3 juin 2010
par Mario Landerman

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Les amours imaginaires

Les amours imaginaires : Et moi, et moi, et moi!

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Nous avions imaginé, Royal du Perron et moi, d’aller voir séparément le tout nouveau Xavier Dolan, Les amours imaginaires, et d’en faire chacun une critique.  L’idéal aurait été qu’un d’entre nous aime le film, et l’autre non.  Mais voilà, et tel est le pouvoir du jeune réalisateur, il a réussi à nous mettre tous deux d’accord.


Il y a bien des choses à dire sur ces amours imaginaires, qui veulent faire oublier J’ai tué ma mère, le premier opus de Dolan.  Malheureusement pour ce dernier, son premier film va demeurer encore un bon moment sur son actuel piédestal. Nulle chance de se faire détrôner.

 


L’intrigue de cette comédie romantique, sur papier, est des plus séduisantes. Un triangle amoureux, une fille et deux garçons.  Là où ça devient des plus intéressants, c’est un garçon qui est le sujet d’intérêt de nos deux protagonistes, et non l’inverse.  Francis et Marie formeront alors un trio amical avec le nouveau venu, Nicolas.  Mais l’obsession engendrée par les moindres gestes, les moindres paroles du supposé être aimé sonneront presque le glas de l’amitié originale entre Francis et Marie. Idée des plus brillantes, car Xavier Dolan, de par son âge, est bien en mesure de décortiquer le mécanisme de ce qu’on appelle dans le langage américain le puppy love.


Les amours imaginaires


Mais voilà, je sens rarement l’émotion dans cette parade d’images léchées, qui se veulent branchées. À un point où le spectateur se déconnecte de toute cette parade nuptiale à l’écran, où Xavier Dolan et Monia Chokri font la roue dans le but d’intéresser Neils Schneider à l’un d’eux.

 

Les amours imaginaires


Je crois que le problème vient surtout des longueurs que prend le film pour aller d’un point à l’autre. Un choix musical des plus éclectiques (et nostalgique) tente de nous faire prendre notre mal en patience, mais en vain.  On aimerait parfois que certaines parties du film aillent à la même vitesse que celle de la séance de masturbation de Xavier Dolan!


De plus, le film est entrecoupé de « témoignages », dans lequel des jeunes viennent livrer leurs impressions sur les relations amoureuses. Bien que je voie le potentiel de ces séquences, j’ai eu au début de la difficulté à relier le tout à l’intrigue principale, car on fait le plongeon sans crier gare.  Possiblement voulu, mais néanmoins déroutant.


Xavier Dolan a cumulé de nombreuses fonctions lors de la réalisation de ce film.  Il est possible qu’à vouloir trop s'occuper de l'ensemble, on ait laissé de côté quelques détails. Le jeune réalisateur en aurait-il pris un peu trop pour ses épaules ? Si oui, cela expliquerait probablement mes réserves.


Cela dit, la plastie du film ne saurait être mise en doute, malgré le fait qu’on sort du cinéma, et on se surprend à sentir ses vêtements, pour y déceler des relents de tabac.

 

Les amours imaginaires


Je crois que le film intéressera tous les Dolanophiles, et ils sont fort nombreux à adorer le jeune acteur-réalisateur.  Mais ceux qui veulent une intrigue forte seront déçus par les longueurs et le manque d’émotion qui empêchent de se faire complice des personnages.


En salles le 11 juin 2010.


Pour en savoir plus : http://www.lesamoursimaginaires.com/

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