6 février, 2007 par Royal du Perron


L’espionnage au plus bas niveau

***½

En Allemagne de l'Est, Gerd Wiesler (Ulrich Mühe) est inspecteur à la Stasi, le Ministère pour la Sécurité. Il est chargé d'enquêter et au besoin intimider les ennemis potentiels du Parti. Le ministre Bruno Hempf (Thomas Thieme) nourrit des soupcons sur l’innocence de Georg Dreyman (Sebastien Koch), écrivain et dramaturge, fort apprécié pour ses créations théâtrales.

Mais Georg est soupçonné d’entretenir des fréquentations douteuses. L’inspecteur  s’occupera de l’affaire avec grand zèle, épiant les moindres faits et gestes de Georg et de sa compagne, l'actrice Christa-Maria Sieland (Martina Gedeck), car elle aussi fait l’objet d’une stricte surveillance. 

Ayant dissimulé des micros dans l’appartement de Georg, la police retranscrit scrupuleusement toute parole prononcée dans la maison de l’écrivain. Comme il se doit, les bureaux d’espionnage se trouvent juste en face, bien pratique pour épier les allées et venues de l’auteur et de sa compagne.

S’ensuivra une histoire d’infidélité et de trahison, Christa-Maria, menacée de ne plus pouvoir exercer son métier, cèdera aux empressements du ministre et elle dénoncera son amant.

La vie des autres dont l’action se situe en 1984 nous apprend bien des choses sur la République fédérale allemande, avant la chute du mur survenu cinq ans plus tard. 

Il y aurait beaucoup à dire sur le brillant réalisateur allemand Florian Henckel von Donnersmarck qui semble avoir tourné ce film pour exorciser les peurs vécues dans son enfance, lorsqu’il accompagnait ses parents lors de visites de l’autre côté du mur.

La vie des autres est bien filmée et bien cadrée. Les images, toujours sombres (sujet oblige), deviennent cependant monotones et répétitives. Elles contribuent à entretenir une ambiance un peu terne et étouffante, ce qui sert bien le film.  Aucun reproche du côté des acteurs ou de la mise en scène. Le développement de l’histoire est un peu long cependant, on aurait pu en faire un film de 120 minutes en supprimant quelques scènes superflues.

Ceci dit, La vie des autres et un film à voir pour la maîtrise du jeu et de la réalisation. Aussi pour l’examen des côtés retors du pouvoir absolu et la fragilité des gens victimes du bigbrotherisme hélas de plus en plus présent dans nos sociétés.

En salles le 9 février.

Pour en savoir plus : http://www.sonyclassics.com/thelivesofothers/