Mario Landerman
Mercredi, 19 juillet 2006
par Mario Landerman
 

Affiche

 

En 1997, un sous-genre des films d'espionnage, soit les parodies de ces derniers, reprenait du service, grâce à cet éternel adolescent du nom de Mike Myers Wayne's World. Austin Powers International Man of Mystery se montra une excellente satire des films et séries de télévision d'espionnage des années 60. La série s’essouffla après deux séquelles The Spy Who Shagged Me et Goldmember. Une tentative britannique dans le même genre, avec Rowan Atkinson, Johnny English, n’eut guère plus de succès auprès du public.

OSS117

Presque dix ans plus tard, un autre «éternel adolescent», cette fois-ci venant de France, Jean Dujardin (Brice de Nice), se glisse dans la peau de l'agent secret français OSS 117, pour une parodie qui non seulement n'a rien à envier au premier film d’Austin Powers en termes de comédie, mais de plus, se permet de faire dans la satire politique.

En 1955, Hubert Bonisseur de la Bath, mieux connu sous son pseudonyme d'OSS 117, est chargé d'une mission en Égypte par le président René Coty. But de la mission : mettre de l’ordre dans le chaos qui sévit au Caire. En effet, tout le monde complote contre tout le monde : Anglais, Français, Soviétiques, la famille du roi déchu Tarouk, qui veut retrouver son trône, les Aigles de Kheops, une secte religieuse qui veut prendre le pouvoir, bref tout ce monde contribue à faire du Caire un véritable nid d’espions.

Le réalisateur Michel Hazanavicius présente ici une décapante satire du colonialisme français, avec force gags visuels dont beaucoup portent sur l'inefficacité de notre agent secret et de ses ennemis. Certains clichés propres à ce genre de films sont resservis ici, souvent de façon tordue : le running gag de l’homme chargé de suivre l’espion, et de rapporter ses moindres faits et gestes au téléphone en est un exemple. La finale de ce gag en surprendra plus d’un, tout en demeurant fort amusante.

OSS117

On peut déplorer certaines erreurs historiques notamment l'arrivée de notre espion par avion à réaction d'Air France. Or, le premier vol commercial par avion à réaction de cette compagnie aérienne fut en 1959 alors que l’action se déroule quatre ans plus tôt !

Jean Dujardin est étonnant dans ce rôle, et à le voir évoluer, on revoit Sean Connery aux premiers James Bond. Il joue certes mieux que ses comparses féminines, Berenice Bejo (Larmina, secrétaire d'OSS 117) et Aure Atika (Princesse Al Tarouk). Pourtant, ces dernières ont souvent des moments fort drôles, notamment Aure Atika. Cette dernière incarne la parodie de la femme fatale des films d’espionnage. Un autre gag de ce film : son inefficacité à séduire OSS 117 malgré ses nombreuses tentatives et une allure des plus séduisantes.

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La musique mérite une mention spéciale. Parfaite pour ce genre de film, et jazzée à souhait. Un des moments musicaux amusants : voir et entendre Jean Dujardin reprendre Bambino en version endiablée ! On a également soigné les génériques de début et de fin en recréant l'atmosphère des vieux films d'espionnage.

Bref, là où Austin Powers s'est essoufflé avec son troisième film, Goldmember, OSS 117 prend la relève pour nous faire rire avec autant de panache !

 

En salles dès le 21 juillet.

Pour en savoir plus : http://www.oss117.fr/

 

Photos : Web
Vidéo : Youtube

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