À voir et à revoir

****

Le 30 juin 2006

Par Royal du Perron

Blanche (Ginette Reno) reçoit famille et amis le Premier de l'An, devant la dépouille de Jos, le mari qu'elle a quitté il y a 20 ans. Elle souhaite à tous la bonne année dans un dosage parfait d'enthousiasme et de retenue. De son côté, sa fille Jeanne (Céline Bonnier) est éplorée.

On apprend alors que Jeanne et sa cousine Annie (Marie-Chantale Perron) ont été tenues à l'écart d'inavouables secrets de famille... Et les rebondissements abondent. Le couple Jos et Blanche plus jeune, interprété par David Boutin et Joëlle Morin est très rafraîchissant. Il nous amène joliment dans le caroussel des années '60 , avec les Hou-Lops et autres Baronets. Ces retours au passé présentés dans une belle reconstitution historique soutenue par des images d'archives (avec notamment l'Expo '67, et la St-Jean '68) viennent dénouer l'intrigue. Morin est égale à elle-même, c'est-à-dire excellente. Boutin (La comtesse de Baton-Rouge, La grande séduction) a pris du coffre en vieillissant et il se révèle un merveilleux acteur, jouant bien le noceur qu'était le défunt dans la vingtaine.

Ce film de Ghyslaine Côté qui nous a donné Elles étaient cinq comporte une distribution triée sur le volet. Les Benoît Girard, Paule Baillargeon, Andrée Lachapelle et Catherine Bégin, avec le talent qu'on leur connaît y apportent leur touche personnelle. Les aînés font rire beaucoup avec leurs travers omniprésents mais Côté, loin de les ridiculiser, en a fait des êtres attachants et fort respectables.

Soulignons ici la présence remarquable de Clémence DesRochers en vieille dame pas toujours lucide, ayant une propension pour l'alcool. Comme Claude Blanchard, cette humoriste connaît sur le tard une carrière d'actrice où chaque apparition est un moment de réjouissances. Le film offre une belle gamme d'émotions, le rire faisant place à la tendresse à la suite de troublants aveux. La séquence où Jeanne se retrouve dans les bras de Blanche pourrait bien mettre quelques perles sous les paupières.

Le film, avec son intrigue bien ficelée, fourmille de petits détails, tous plus savoureux les uns que les autres. Parfois, on n'a pas assez d'yeux pour tout voir. On le sait, l'action se déroule en grande partie dans un salon funéraire, un endroit privilégié pour faire sortir les vérités. Comme si la mort apportait, l'espace d'un matin, quelque chose de « surnaturel » au quotidien des êtres encore vivants. On en sort un peu grandi, avec un élan du coeur pour les bonnes et belles choses de la vie.

Le secret de ma mère : un film magnifique, à voir et à revoir.

Réalisatrice : Ghyslaine Côté
Scénario : Martin Girard, Ghyslaine Côté
Directeur photo : Pierre Mignot
Concepteur visuel : Normand Sarrazin
Producteurs : Maxime Rémillard et André Rouleau

En salles dès le 7 juillet.

Site Web à voir : http://www.lecinema.ca/film/1062/videos/

Photos: Alliance Atlantis Vivafilms