2 juillet, 2007 par Royal du Perron


Sicko de Michael Moore

**** ½

Après avoir réalisé Bowling for Colombine and  Fahrenheit 9/11, (deux films largement primés) voilà que le documentariste au style pamphlétaire récidive, cette fois avec Sicko, son film peut-être le plus achevé.  

Moore s’est tapé de longs mois de tournage en Amérique et en Europe pour comparer le système de santé offert par le gouvernement des États-Unis à celui d’autres pays.  Et la comparaison n’est pas reluisante pour nos voisins du sud. 

Le film est à la fois drôle et triste, un tour de force au cinéma. Triste quand on voit que des gens sont obligés de jeter un doigt coupé à la poubelle car ils n’ont pas les 60,000$ qu’il en coûterait pour le recoudre.  Drôle parce qu’on ne peut que rire devant le ridicule de la situation.  Mais le rire est jaune, vous l’aurez compris.

Des compagnies d’assurance embauchent des médecins diplômés, ayant fait le serment d’Hippocrate, pour signer des diagnostics erronés afin d’éviter à leur employeur le versement de réclamations pourtant justifiées.   Plus les toubibs feront de faux rapports, plus ils toucheront de primes en guise de remerciements.  Et pendant ce temps, les gens des classes moyennes qui paient des primes n’ont pas la chance de recevoir les soins de santé pour lesquels ils se croyaient couverts.  Un climat de corruption passablement généralisé.

Dans un hôpital de Los Angeles, l’état de santé d’une pauvre dame réclame l’unité des soins intensifs mais comme elle n’a pas d’argent, on la mettra à la porte alors qu’il n’y aucun filet social.

Le cinéaste documentariste amène les citoyens américains malades – et dont le système rejette les réclamations – se faire soigner à Cuba, l’ennemi de Washington.   C’est touchant et amusant de voir la compassion du personnel médical cubain envers les citoyens américains dont la seule malchance aura été de naître dans un pays qui ne respecte pas leur dignité.

Les soins de santé offerts au Canada, au Royaume-Uni et en France sont avantageusement comparés à ceux des États-Unis.  Alors que les USA refusent tout à leurs citoyens, en France, Moore interview une employée du gouvernement venue faire la lessive dans un ménage après que la dame eut accouché. Le pamphlétaire se servira de cette anecdote pour apporter  avec humour la touche finale à Sicko, son meilleur film à date.

Ne manquez pas ce film, vous rirez beaucoup et vous serez fier de vivre dans un pays qui offre les soins de santé requis à toute personne digne de ce nom.

Sicko, de Michael Moore (USA, 120 m) : en salles actuellement.