Royal du Perron
Lundi, 29 novembre 2010
par Royal du Perron

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Agoramania

Agoramania : des hauts le cœur constants

 

L’auteur, plus porté vers le roman jeunesse, se glisse ici dans la peau d’une jeune femme, apparemment intelligente et très jolie mais qui souffre d’une nausée perpétuelle.  Elle vit avec un homme, Amoureux, dont la relation s’est détériorée et qu’elle fait vivre maintenant, un homme qui passe ses journées et ses nuits à jouer à des jeux vidéos quand sa libido ne l’oriente pas vers des divertissements pour adultes.


Jusqu’ici, ça peut aller. Mais le roman est truffé de totales invraisemblances.  Même si l’auteur fait preuve de quelques trouvailles littéraires, le cynisme côtoie le sanguinaire à tous les tournants et cela devient pour le moins assommant. On a voulu ici faire évoluer des personnages loufoques tous plus étranges les uns que les autres. Une Dominatrix, patronne d’une firme de relations publiques à la Mirador (le personnage le plus intéressant à mon avis), un bouffon en corbillard, des lutteurs et lutteuses tous plus disjonctés les uns que les autres. À travers cela, durant plus de trois cents pages, un personnage principal qui a le goût de vomir quand il ne vomit pas.  Les cyniques (ils sont de plus en plus nombreux dans la société) pourraient-ils se régaler de pareille lecture?


Bonne idée de roman qui aurait pu donner un livre agréable à lire mais qui réussit dans mon cas à produire l’effet contraire. Le happy end à l’américaine est hautement prévisible. (Il est toujours bien vu d’assassiner le méchant J.R. Ewing.) Je me félicite quand même de l’avoir lu jusqi’à la fin, question de pouvoir le critiquer en toute connaissance de cause. 


C’est étonnant que l’éditeur, qui se spécialise dans les revues axées sur la vie privée des vedettes, ait publié ce roman à mille lieux de son lectorat habituel.  Les subventions gouvernementales auraient-elles contribué à mettre ce manuscrit sous presse ? Si certains lecteurs se délectent de pareil roman, grand bien leur fasse, il faut de tout pour faire un monde.


Dans cette ère tourmentée que nous traversons, les actualités télévisées donnent souvent des hauts le cœur, avons-nous besoin d’un roman à l’eau trouble pour rappeler les malaises d’une société en constant mal de vivre ? Certains diront que le roman est réaliste, d’autres rechercheront des lectures plus aisées, question d’alléger le poids des jours.


Agoramania, Maxime Roussy, Éditions La Semaine, 2010, 325 p.

 

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