Mario Landerman
Lundi, 11 avril 2011
par Mario Landerman

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AsymptoteAsymptoteAsymptote

Asymptote : la Fin du monde

 

Asymptote : terme utilisé en mathématiques pour préciser des propriétés éventuelles d'une branche infinie de courbe à accroissement tendant vers l'infinitésimal.  


Par contre, la série Asymptote, de Simon Banville, publiée dans le quotidien 24 heures et le magazine Les Débrouillards, est tout, sauf cartésienne!


Waso, un cacatoès domestiqué incapable de voler, cinglant et révolutionnaire, fait preuve de peu de jugement.  Il a une opinion sur tout, qu’elle soit appropriée ou non.  La tête de turc de la série.


Pou est le fils de Waso.  Son nom de baptême n’est pas gratuit.  En effet, ce petit être peut facilement être perdu dans ce qui lui semble notre monde de géants.  Mais sa créativité débridée fait pour lui d’un dé à coudre un casque d’écoute, et d’un évier un océan!  Je n’ose imaginer la baignoire…


Élorah, la propriétaire de ces deux oiseaux rares, et c’est le cas de le dire, a dix ans.  Intelligente et studieuse, elle se pose des questions d’une profondeur surprenante pour son jeune âge.  Ce qui la déstabilise au plus haut point lorsque par malheur, elle en parle à Waso…


L’auteur, Simon Banville, fait dans la bande dessinée engagée avec Asymptote pour notre plus grand plaisir.  Le dessin y est très approprié pour ce genre de bande. La critique sociale y est mordante, tout comme les réflexions sur le monde qui nous entoure.  De la haute finance à la société de consommation, rien n’échappe aux becs bien aiguisés de Waso et compagnie.  En voici d'ailleurs deux extraits :

 

Strip 1

Strip 2



Mais il y a plus.  L’album, titré La Fin du monde, fait intervenir ce terrible événement lui-même en tant qu’entité.  Ce qui contribue à donner une dimension neuve à de vieux gags sur la fin du monde…et qui devrait aider les aficionados du calendrier maya à prendre leur mal en patience!


On a même droit à une grève d’un des personnages, avec quelques réflexions bien senties sur l’importance des grèves.


Ce livre m’a pris par surprise, et m’a charmé par l’humour parfois caustique qui s’en dégage, de même que par sa critique sociale, parfois subtile.  Si ces volatiles emplumés parlent de fin du monde, je peux vous assurer qu’ils ne sont en rien des oiseaux de malheur.  Tout le contraire, plutôt.


Enfin une bande dessinée qui rejoint ce qui s’est déjà fait de bon aux États-Unis dans le genre.  Je pense à Sally Forth, la période des années 80, avant que cette série devienne mortellement ennuyante.  Ou encore Calvin et Hobbes que les fans regrettent toujours.


J’espère que cette bande d’oiseaux qui forment Asymptote n’auront aucun problème à voisiner dorénavant un petit garçon et son tigre en peluche dans les rayons de ma bibliothèque!


Asymptote : La Fin du monde, de Simon Banville.  Aux Éditions Les 400 coups, dans la collection Coup de griffe, 2011, 48 p.

 

Pour en savoir plus : http://www.simonbanville.com
http://www.editions400coups.com/livres/asymptote-la-fin-du-monde-1

 

Photos : Éditions Les 400 coups, Simon Banville

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