Mario Landerman
Mardi, 2 novembre 2010
par Mario Landerman

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dangerliaisons

danger@liaisons.com : les lettres qui tuent

 

Dans ma jeunesse, j’ai lu de nombreux classiques.  Les liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos comptent parmi mes favoris de tous les temps.  À ceux qui me demandaient ce que je trouvais de si fascinant à cette œuvre, j’ai souvent répondu que le côté intemporel de l’intrigue permettait une transposition à toutes les époques, même aujourd’hui.  Le temps m’a donné raison, tant au cinéma qu’en littérature. 


C’est dire si j’étais impatient de mettre la main sur, et de lire la traduction du dernier roman de Don Bapst, danger@liaisons.com.   Ce roman se veut une adaptation gaie du célèbre classique qui avait fait scandale, lors de sa parution originale en 1782.


Nous sommes maintenant en 1999.  Les courriels ont remplacé les lettres.  Et, puisqu’il s’agit à la base d’un roman gai, presque tous les personnages sont des hommes.  L’arme qui ne pardonne pas, qu’on manipule ici de façon consommée dans cette coterie influente, c’est l’infection au VIH via des relations sexuelles non-protégées.


Dans le rôle du couple machiavélique complotant à distance la chute de leurs victimes, on retrouve Terry Simms et Victor Stephens, deux figures importantes du domaine de la mode, en raison de leur relation avec la revue Liaisons.  Madame de Tourvel passe sous le bistouri, et devient Christian Tourvel, un jeune désigner hétérosexuel marié.  Victor n’aura de cesse que ce dernier se rende sans conditions et reçoive son dard empoisonné.  Les ingénus, qui se feront bien malgré eux attirer dans l’orbite de nos machiavéliques personnages, Jamie Dowling et Peter Marquez, seront manipulés d’odieuse façon, reprenant ici les rôles de Cécile de Volanges et du chevalier Danceny.  Mesdames de Volanges et de Rosemonde prennent une forte dose de testostérone ici pour devenir respectivement Richard Dowling, et le professeur Douglas Scott.


Cette adaptation est dans l’ensemble assez fidèle.  Les engrenages des diverses machinations y  tournent avec la même énergie que l’original.  Il y a cependant un accrochage relativement mineur, au niveau de la transposition de certaines intrigues.  Je pense entre autres à celle de Collingwood, un désigner.  Je comprends qu’il était impossible de prendre l’intrigue originale, celle de Prévan contre Madame de Merteuil.  Celle-ci s’accorde plutôt mal avec un homme tel que Terry Simms.  La nouvelle intrigue laisse froid, malgré son côté crédible et mis au goût de cette fin de millénaire.


La traduction française, courtoisie de Denis-Martin Chabot, est excellente, et accuse une certaine recherche.  Si la plupart des traductions étaient faites aussi consciencieusement…


Ce roman, comme son illustre prédécesseur, est fascinant au point de vue sociologique.  En effet, nous connaissons tous des gens manipulateurs, que ce soit pour l’appât du gain ou celui du pouvoir.  En cela, même si plus de deux siècles séparent l’original de cette adaptation, on remarque que la nature humaine demeure toujours la même.  Elle change juste d’époque, de sexe, et de costume!


Pour ceux qui veulent lire une nouvelle adaptation des Liaisons dangereuses, voici une occasion à ne pas manquer!

 

danger@liaisons.com, de Don Bapst.  Traduction de Denis-Martin Chabot.  Les éditions Pop Fiction, 2010.  400p.

 

Pour en savoir plus : http://editionspopfiction.com/francais/Collection-HOMONYME.php

http://www.donbapst.com/Home.html

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