Mario Landerman
Mercredi, 13 janvier 2010
par Mario Landerman
 

L'essence de la vie

L’essence de la vie : pour en finir avec la confusion morale


Andréa Richard est une personnalité bien connue des milieux ecclésiastiques et philosophiques québécois.  Femme d’un vécu particulièrement fertile, elle milite pour le remplacement de la religion par la philosophie en éducation.  Les uns la regarde avec une certaine crainte, tandis que les autres applaudissent  son combat.


Dans ce petit ouvrage, l’auteure nous propose une réflexion sur le sujet, mais également sur le sens de la vie en général.  De nombreux thèmes y sont abordés, tous marqués au coin de l’amour : celui de soi comme celui des autres.


Madame Richard touche à de nombreux domaines avec ce livre.  Et dans chacun, elle nous offre ses pensées sur l’univers qui l’entoure, avec de nombreuses remarques pleines de bon sens.


Par exemple, en ce qui a trait à l’amour, elle fait l’analyse de ce qu’on appelle le «coup de foudre».  Sa sagacité lui fait voir les nombreuses trappes qui font si mal conjuguer le verbe aimer à tant de gens.  Elle décortique le concept de l’amour moderne, et nous livre ses réflexions empreintes d’une solide expérience.


Du côté de l’éducation, la sagesse de l’auteure ne fait aucun doute.  Elle abonde dans mon sens en ce qui a trait à la religion. Celle-ci devrait être un enseignement facultatif, en-dehors de l’école.  Les religions, toutes dénominations confondues, ont la fâcheuse habitude de substituer leur vision de la vérité, et d’en entacher tout le parcours académique des élèves.


Un exemple me vient à l’esprit.  Dans mes cours d’histoire au primaire, donnés par des religieuses, la religion faisait figure de proue, au point d’occulter des faits historiques documentés.  Au secondaire, avec des professeurs laïcs, l’histoire devenait soudainement plus vivante, sans l’attachement malsain de la religion catholique à chaque événement.  Entendons-nous : les religions ont leur place dans l’histoire des hommes. Mais en tant qu’élément historique, et non en tant que soi-disant vérité ou loi, recouvrant le savoir de son voile d’ignorance.


Un élément bénéfique des religions fut d’intégrer des règles d’éthique dans leurs enseignements. Cependant, cette notion peut aisément se détacher du contexte religieux, afin d’être enseignée à part entière.  Un concept dont Andréa Richard se fait l’apôtre, en suggérant que la philosophie remplace la religion.


Ce livre se veut un parcours en quête de sa spiritualité personnelle.  Comme le souligne l’auteure, son parcours n’est pas une panacée universelle.  Mais, et c’est la beauté de ce petit ouvrage, chacun peut y prendre ce qu’il lui convient et l’adapter à sa propre spiritualité.


Prenez le temps de feuilleter L’Essence de la vieAndréa Richard n’a pas réponse à tout, mais ce n’est pas le but de son ouvrage.  Cependant, le trésor de sagesse qu’il renferme dépasse très largement le prix de vente!


L’Essence de la vie, Andréa Richard, Septentrion, 2007, 144 p.

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