Mario Landerman
Jeudi, 26 novembre 2009
par Mario Landerman
 

Couverture

La messe est finie : Le vampire du Vatican


Nous avons tous entendu parler d’un prêtre, ou d’une soeur qui «défroque», pour retourner dans la laïcité.  Les raisons qui motivent ces gens de religion à retourner à la vie civile sont nombreuses.  Jean Di Tomaso s’inspire d’un récit vécu et d’une de ces raisons, l’amour, pour offrir son point de vue dans un roman biographique.


L’auteur, dont ce roman constitue son 12e en carrière, fut écrit avec la collaboration de Jules Gamache.  Deux âmes qui connurent la toute-puissance de la dictature de l’Église catholique romaine, avant de la voir sombrer peu à peu.


M. Di Tomaso l’exprime bien dans une lettre qui me fut adressée.  De sept ans à 14 ans, il fut servant de messe, avivant ainsi les espoirs de son père qui le voyait déjà comme le prêtre de la famille.  L’auteur, cependant, ne l’entendait pas de cette oreille.  Heureusement pour nous, les lecteurs.  Sinon, il serait probablement en chaire à la messe du dimanche, nous interdisant de lire les livres impies d’auteurs voulant fausser l’image de l’Église.  D’origine italienne, né à Montréal, il a étudié la rédaction, la littérature française et l’art dramatique.


L’écriture de ce roman s’étendit sur plusieurs années, lesquelles furent accaparées par des recherches rigoureuses sur la religion.  Et à la lecture, on ne peut que remarquer à quel point l’écriture est vivante, et fait surgir devant nous les protagonistes, aussi réels que vous et moi.  Sarto, le père, bon catholique, un peu borné, tout dévolu à son dieu Maurice Duplessis et au paradis de l’Union Nationale.  Rita, la mère, bonne croyante, mais surtout déterminée devant les aléas de la vie.  Richard, le fils, qui deviendra prêtre plus pour le désir d’aider son prochain que par réelle vocation.  Autour de ce noyau gravite tout un monde aussi vrai que nature.


Tellement que la plupart d’entre nous y trouvera des situations vécues.  Qui d’entre vous n’avez pas inventé des péchés véniels afin d’avoir quelque chose à dire au confesseur?  Qui d’entre vous qui avez étudié chez les religieux n’avez pas été importunés par les sergents recruteurs de vocations en tous genres?  Et ne parlons pas de deux amis proches dans la cour de récréation ; dans l’esprit tordu de bien des prêtres, «l’amitié particulière» n’était jamais bien loin.


Ce roman présente la prêtrise d’une manière humaine, sans passer par le sarcasme comme je le fais quand je touche au sujet de l’église catholique.  Un ton mesuré, des propos sensés, une analyse profonde de ce qui se passe dans la tête d'un séminariste.  Je souhaiterais cependant que la transition entre ce que je considère comme les trois parties du livre (la vie de Richard, son éveil à l'amour, et les tribulations de son ami Guy Harvey) soit plus fluide.  Mais ne boudons pas notre plaisir.


La messe est finie est un roman à découvrir pour tous ceux qui s’intéressent à la question de la laïcité.  Qu’on le veuille ou non, l’omniprésence de l’église fait partie de notre histoire.  Et il est temps de s’élever contre l’iniquité d’une religion vampirique, dévorant les âmes et les bonnes volontés.


Ite missa est.


La messe est finie, Roman, Jean Di Tomaso, Éditions Carte Blanche, 2009, 180 p.

 

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