Mario Landerman
Lundi, 25 octobre 2010
par Mario Landerman

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Jacques Normand

Bouquinons avec Mario : Les nuits de Montréal

Le livre dont je vais vous entretenir aujourd’hui, a été imprimé il y a 36 ans.  Et pourtant, il demeure toujours une bien agréable lecture.  Les nuits de Montréal, par Jacques Normand.  Oui, vous avez bien lu, LE Jacques Normand, lequel on ne peut évoquer sans penser également au prince des annonceurs, Roger Baulu.


Mais, Raymond Chouinard de son vrai nom, ce n’est pas juste la moitié de l’émission Les Couche-Tard, de laquelle il est peu ou prou question dans cet ouvrage.  Il s’agit également d’un  animateur hors pair, qui a donné aux nuits de Montréal du titre ses lettres de noblesse.  Ce livre s’y consacre d’ailleurs avec force détails, pimenté de savoureuses anecdotes, enveloppé dans un humour à la Normand.


Pour les gens de ma génération, qui sommes nés pendant, ou même après la fin de ces nuits ensorcelantes, il est vrai que la grande époque des cabarets ne signifie pas grand’chose.  Pourtant, c’est tout un pan de la colonie artistique québécoise qui s’offre aux yeux de l’amateur d’histoire culturelle du Québec en général, et de Montréal en particulier.


Notre cicérone nous fait visiter les cabarets où il a travaillé, ainsi que ceux qu’il a créés.  Que ce soit Le Faisan Doré, Saint-Germain des Prés, ou le Café Saint-Jacques, on y découvre des noms qui pour nous sont maintenant partie prenante de notre culture, mais qui alors débutaient.  Pauline Julien, Monique Leyrac, Clémence, Paul Berval, Gilles Pellerin, Raymond Lévesque, et combien d’autres nous surprenons au tournant des pages, tantôt chantant, tantôt jouant la comédie.


On y découvre également les débuts de noms aussi connus que Dodo, Denise, Félix, ainsi que des anecdotes sur Trenet, Rafa, les compagnons de la chanson.  Le tout à la sauce Normand, soit avec beaucoup d’espièglerie.


On y voit les débuts d’une station de radio qui fut longtemps populaire, CKVL, notamment avec La parade de la chansonnette française.  Une émission qui rallia toute une génération d’artistes, tant du théâtre que de la chanson.  Jacques Normand devint rapidement l’animateur de ce marathon de huit heures, assisté de celui qu’on associera toujours à ses pretations de cabaret, Gilles Pellerin.  On y parle aussi de la populaire émission Le fantôme au clavier.


Enfin, on assiste avec plaisir aux histoires d’amour d’Aznavour et de Trenet avec le Québec.  D’ailleurs, Charles Aznavour et Roger Baulu signent une préface des plus hilarantes, où ils se paient la tête de leur compère!


Le livre offre une section photos de cette époque révolue.  En les regardant, on pense à nos parents, nos grands-parents, et qu’ils savaient s’amuser à leur manière.  Une époque qui ne reviendra plus.  L’ouvrage non plus d’ailleurs.  Mais pour qui sait chercher, il en demeure quelques exemplaires, qui ne demandent qu’à être mis en valeur dans une bibliothèque.


Je vous laisse avec les paroles de la chanson du même titre que Jacques Normand a popularisée :


J'aime les nuits de Montréal
Pour moi ça vaut la place Pigalle
Je ris, je chante
La vie m'enchante
Il y a partout des refrains d'amour

Je chante encore, je chante toujours
Et quand je vois naître le jour
Aux petites heures
Vers ma demeure je vais heureux
À Montréal c'est merveilleux

J'aime les nuits de Montréal
Pour moi ça vaut la place Pigalle
Je ris, je chante
La vie m'enchante
Il y a partout des refrains d'amour

Je chante encore, je chante toujours
Et quand je vois naître le jour
Aux petites heures
Vers ma demeure je vais heureux
À Montréal c'est merveilleux


Les nuits de Montréal, par Jacques Normand.  Éditions La Presse, 1974.  192 p.

 

Photo : Antoine Désilets

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