Mario Landerman
Mardi, 19 mai 2009
par Mario Landerman
 

La Vie musicale à Trois-Rivières, 1920-1960

La Vie musicale à Trois-Rivières, 1920-1960 : un ouvrage bien pensé

Cette année, Trois-Rivières fête ses 375 ans d’existence.  Fondée en 1634, par le sieur de Laviolette, c’est la deuxième ville fondée en territoire québécois, avant même Ville-Marie, devenue Montréal.


C’est dire que Trois-Rivières a également un passé culturel qui lui est propre.  Dans cette première publication d’Amélie Mainville, on explore la vie musicale de cette cité dans la première moitié du XXe siècle.  L’ouvrage arrive à point, car le passé culturel et artistique de cette ville demeure méconnu, y compris des Trifluviens eux-mêmes.


Quoique la ville ait eu un bassin de population restreint, soit un peu plus de 20 000 habitants au début des années 1920, son emplacement particulier, entre Montréal et Québec, lui a permis de bénéficier d’une vie culturelle intéressante.  Proportionnellement moins importante, néanmoins pas aussi marginale qu’on pourrait le penser.  Jazz, chanson populaire, concerts symphoniques se disputent la faveur des mélomanes, au gré des époques et des situations économiques et sociales fluctuantes du temps.  Même des artistes d’envergure internationale, tels Charles Trenet, faisaient de Trois-Rivières un arrêt obligatoire de leurs tournées.


Cette époque voit aussi émerger des noms importants dans l’activité musicale trifluvienne.  Madame Anaïs Allard-Rousseau, fondatrice du Club André-Mathieu, Irène Allard-Moquin, chanteuse dont la réputation allait bientôt déferler jusqu’à Montréal.  J. Antonio-Thompson, qui a démocratisé les concerts classiques pour les populations régionales.  Ces gens et de nombreux autres ont laissé des traces indélébiles de leur apport à la ville.  Une implication souvent bénévole,  supporté par la communauté locale.


Ironique de constater que le déclin de cette activité musicale coïncide avec l’avènement des subventions de l’état aux entreprises artistiques.  Mais il est juste d’ajouter que l’apport gouvernemental arrivait peut-être trop tard.


Un livre très bien documenté, avec nombre de photos pertinentes, permet de faire revivre un passé pas si lointain, où le milieu musical trifluvien apparaît pourvu d’une vitalité grandissante, pour ensuite doucement décliner. 


À lire absolument, cet ouvrage comblera aussi bien le mélomane que l’historien, de même que celui ou celle qui veut en apprendre plus sur sa ville, afin d’en mieux célébrer l’anniversaire.


La Vie musicale à Trois-Rivières, 1920-1960
Amélie Mainville, Éditions du Septentrion, 2009, 132 p.


Pour en savoir plus : http://www.septentrion.qc.ca/catalogue/livre.asp?id=2859

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