Mario Landerman
Mardi, 26 avril 2011
par Mario Landerman

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Le matin des magiciennes

Le Matin des magiciennes : Transgenre 101

 

La toute dernière offre des Éditions de l’Étoile de mer aborde les thèmes du transformisme et de la transsexualité avec beaucoup de panache, sans tomber dans le piège de la frivolité qu’on associe souvent à cette branche de la culture LGBT.


June et Thomas, un couple dans une autre vie, tentent de satisfaire leur curiosité face à la situation transgenre à Montréal.  En tant que doctoresse,  June affiche une curiosité toute scientifique…fortement teintée d’une tentative de comprendre une situation qui la déroute à prime abord.  Thomas, quant à lui, aidera June de ses recherches en tant qu’étudiant en sciences de l’environnement.


Autour de cet ex-couple orbitent quelques personnages, dont chacun va apporter une pièce manquante au puzzle


Il y a Annick, travesti qui introduira June à ce monde, où l’illusion cache souvent bien autre chose qu’un savant maquillage.  C’est un monde où, derrière chaque grande femme, il y a un homme, avec ses forces et ses faiblesses.  Aidée de sa nouvelle copine, June tentera de mieux comprendre les moteurs qui animent la réalité transgenre au Québec.


Marie, la sexologue, aidera de son mieux June, tout en faisant de la question le point de départ de son mémoire de maîtrise.  Elle cache un mystère qu’elle dévoilera à la toute fin du roman.


Les enfants de June et Thomas, Karl et Karina, servent surtout ici à démontrer  certains des problèmes inhérents avec les nouvelles générations, qui grandissent avec le manque de l’un ou l’autre parent. Néanmoins, ils feront tout de même partie de certaines des préoccupations soulevées par les recherches de June, Thomas, et Marie.


L’auteur, Robert Tessier, ne fait pas juste ici que démystifier la réalité transgenre.  Par personnages interposés, il n’hésite pas à faire feu autant sur les féministes pures et dures, que sur les hommes qui rechignent sur leurs responsabilités.


Le tout, sur un fond de recherches fouillées, qui inciteront le lecteur éclairé à faire ses propres recherches, et ainsi compléter utilement sa lecture.

 


L’auteur, d’ailleurs, a écrit plusieurs ouvrages et articles sociologiques et éthiques, notamment sur l’environnement.  Cela se voit à plusieurs endroits du roman.  J’ai déjà parlé de recherches fouillées, mais plus que cela, le commentaire social n’est jamais bien loin.  Loin du prêche caractéristique des donneurs d’avis populaires, qui ne sont bien souvent que des gérants d’estrade disposant d’une tribune radiophonique, journalistique ou télévisuelle, M. Tessier étaye ses critiques et commentaires d’arguments solides et convaincants.   Seuls, les imbéciles prendront peur devant des vérités dites de cette manière.


Mais de toute façon, ce ne sont pas ces derniers qui se procureront l’ouvrage.  Tant pis pour eux!


Les Éditions de l’étoile de mer n’ont cessé de procurer une littérature LGBT de bonne qualité à un public qui trop souvent autrefois se tournait vers des auteurs européens pour le même besoin.  C’est toujours une bonne surprise de découvrir leurs dernières parutions, dont la plupart traitent de sujets sociologiques d’actualité, en plus de son mandat LGBT.


Pour ceux qui désirent en savoir plus sur la réalité transgenre, je vous recommande ce roman.  Court, certes, mais bien étoffé.  Comme je le disais plus haut, un cours de Transgenre 101!

Le Matin des magiciennes, Robert Tessier, Les Éditions de l’étoile de mer, 2011, 144 p.


Pour en savoir plus : http://www.centrart.qc.ca/artistes/litterature/rtessier/ecran.html
http://arcenciellitteraire.voila.net/index.html

 

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