Vendredi, 21 novembre 2008
par Mario Landerman

Couverture

Le grand mensonge du féminisme

Ironie du sort

Nous sommes en 2008.  Que reste-t-il du féminisme des années soixante?  En apparence, pas grand’chose, si on s’aperçoit que la génération montante tente de copier les rôles de femme-objet que leurs grand-mères ont brûlé sur la place publique avec leur soutien-gorge.  Les Paris Hilton, Lindsay Lohan et Britney Spears ont remplacé les Simone de Beauvoir, Naomi Wolf et autres Gloria Steineim.

Pourtant, sous cette approche superficielle, la guerre gronde toujours entre les hommes et les femmes.  Cela se manifeste de bien des façons, dont la plus évidente demeure encore les divorces, où on donne  presqu’automatiquement le bénéfice du doute à la femme.  Inutile de dire que certains hommes n’en peuvent plus de se faire littéralement plumer par d’ex-conjointes pas toujours de bonne foi.  Mais la loi est de leur côté, et elles en profitent. Quand un père est privé de voir ses enfants pendant des années, il n’est pas seul en cause...

Au fil de la décennie, nous avons vu des hommes revendiquer une plus juste manifestation de la justice.  Un mouvement appelé Fathers for Justice a même, au moyen de manifestations spectaculaires, tenté d’intéresser le grand public à la cause des hommes.  Malheureusement, leurs interventions publiques étaient parfois discutables et c’est difficile de compétitionner avec Star Académie, Loft Story et tutti quanti!

Arrive, par les Éditions Michel Brûlé, ce pavé dans la mare, Le grand mensonge du féminisme, sous-titré ou le silence sur la triple castration de l’homme québécois.  L’intérêt du livre réside en ce que la synthèse du féminisme est faite par un homme, Jean-Philippe Trottier.  Et qui plus est, un français vivant au Québec.

Diplômé de la Sorbonne en philosophie et de McGill en piano, essayiste et polyglotte, ce dernier a écrit plusieurs articles pour des revues telles que Liberté, Argument, L’Agora, L’Action nationale et InRoads… Ses fréquents séjours à l’étranger l’ont familiarisé avec les particularismes culturels et la nécessité de donner un sens aux choses et aux événements. Il signe ici son premier livre, un essai sur le féminisme québécois et son corollaire : la condition masculine.

L’auteur tente un essai concis et plein d’audace sur les erreurs de parcours du féminisme.  Il élabore également un portrait des plus justes de l’homme québécois, castré par trois entités distinctes.  L’Église, l’Anglais et la femme.  Voilà, tout en place pour relancer le débat sur la guerre à finir.  Car ces trois co-équipiers ont été largement responsables de l’ignorance et du manque de confiance en soi du Québécois, chose qui ne s’est corrigée que dans la seconde moitié du XXe siècle.

Et pourtant, le livre est passé singulièrement inaperçu du grand public québécois.  Une des rares mentions de ce livre le fut par Marie-France Bazzo.  Mais, dans l’ensemble, les groupements de femmes se sont bien gardés de toucher à un sujet qui mettent en péril les bases mêmes de leurs revendications actuelles.  De ce fait, leur bonne foi est mise en cause.  Peut-être ont-elles aussi pensé qu’en dénonçant le livre, elles allaient lui procurer une publicité inespérée. Dommage, car ce livre se voulait une excellente façon de rouvrir le débat afin d’amener un meilleur dialogue entre les deux sexes.  Je crois sincèrement que le féminisme a déjà été une option valable pour que les femmes revendiquent ce qui leur faisait défaut dans une société masculiniste.  Mais en cours de route, il est tombé dans les mêmes travers de société qu’on voulait corriger à l’origine.

Un exemple me vient à l’esprit.  On entend souvent parler dans les médias des femmes violentées.  Je ne conteste pas ce fait.  Mais quand on tente d’aborder la discussion sur les hommes violentés, on se fait étrangement silencieux dans les tanières féministes, quand ce n’est pas un démenti formel qu’on nous oppose. La politique de l’autruche nuit à tout débat social équilibré. Parlez-en aux politiciens, experts dans ce domaine!

On voit souvent cette pratique chez les féministes et beaucoup de chroniqueurs et même quelques chroniqueuses la dénoncent régulièrement dans les médias.

Dans les années soixante, les femmes avaient tous les droits du monde de se rebeller.  Mais la vraie question à se poser, c’est : qui était véritablement l’ennemi?  L’homme, ou simplement l’époque?  Les deux sexes voulaient se débarrasser de leurs carcans respectifs.  Mais comme les hommes sont moins portés à s’extérioriser, les femmes ont pris le devant de la scène. 

Dans le Québec de la première moitié du XXe siècle, la femme régnait en maîtresse absolue dans la maison.  De concert avec la religion, elle entretenait une dictature plus ou moins permissive où le mari n’avait pas voix au chapitre, car on l’assignait au rôle de pourvoyeur.

De nos jours, les femmes ont envahi massivement le marché du travail.  Mais fait étrange, rien n’a réellement changé.  Les femmes exercent encore une dictature via les instances de divorce et de garde d’enfants.  La nouvelle religion est devenue la cour.  Le curé de jadis a fait place à l’avocat.  Et, fait bizarre pour des femmes dites libérées, l’homme est encore relégué au rang de pourvoyeur, via les pensions alimentaires. On entend souvent les femmes divorcées promettre publiquement de lessiver leur ex-conjoint.

Le livre de Jean-Philippe Trottier se veut une critique sociale de ce phénomène qu’est le féminisme.  Je recommande le livre à tous les hommes...et à toutes les femmes honnêtes, de cœur et d’intelligence.

Essai de 232 pages
19,95 $

Pour en savoir plus : Michel Brûlé