Mario Landerman
Jeudi, 15 avril 2010
par Mario Landerman

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

 

Osti de fif!

Osti de fif! : La petite histoire de bien des jeunes homosexuels

 

Mardi dernier avait lieu le lancement très attendu d’Osti de fif! de Jasmin Roy.  Le comédien-journaliste, sans doute un des artistes parmi les plus visibles de la communauté gaie, exorcise son passé avec ce livre.  Jasmin n’a pu retenir ses émotions, lors du bref discours prononcé devant un parterre d’amis, tant gais qu’hétéros.


De mon côté, j’ai eu beaucoup de difficultés à tenir les miennes à l’écart en lisant le calvaire de Jasmin.  Malgré nos chemins d’éducation différents, je me suis vu dans le portrait et les situations décrites par l’auteur, à un point que c’en est troublant.  Sans parler des mauvais souvenirs qui remontent à la surface en pareil cas.


Le but poursuivi, avec Osti de fif!,est de démontrer l’homophobie rampante dans les établissements scolaires du Québec.  Le tout au moyen de témoignages de jeunes gais et lesbiennes, de milieux variés.  En même temps, il s’agit d’une autobiographie des jeunes années de l’auteur, qui sert d’introduction.  Le sujet n’est pas neuf, j’en conviens, mais mérite d'être toujours rappelé aux consciences. L’ouvrage est assuré d’une large diffusion, ce qui ne peut qu’aider à le mettre dans toutes les mains.


À l’école, bien sûr, les tortionnaires sont pour la plupart des confrères de classe.  Mais on n’a pas oublié de faire une place aux adultes qui prétendent ne rien voir, quand ce n’est pas d’accuser carrément un jeune gai d’être à l’origine des embarras causés à l’établissement scolaire. 


Ou encore, des professeurs qui n’hésitent pas, au nom du « être cool », de joindre leurs élèves dans une petite partie de « gay-bashing » au gymnase ou ailleurs.  Croyez-moi, c’est étonnant à quel point un gai peut être un accessoire utile dans l’esprit d’un professeur d’éducation physique, pour entretenir la bonne forme de ses élèves.

 

 


Avec Osti de fif!, Jasmin Roy prend une route que je ne peux que l’encourager à suivre.  Celle d’un fin observateur de la communauté gaie, capable de décaper le mince vernis qui la recouvre.  À cet effet, sa performance de l’année dernière aux Gaydailles  était révélatrice.  Il  n’hésite cependant  pas à monter aux barricades à sa propre manière pour des causes qui lui sont chères.  Ce livre, lequel bénéficie d’une bonne publicité en raison de son auteur, arrive à point nommé. 


Nous sommes presqu’à la fin d’une autre année scolaire, et dans plusieurs écoles, il y aura un ou deux élèves qui ne se donneront même pas la peine de terminer leur année, pour cause de dépression nerveuse causée par l’homophobie à leur école.  Et personne ne s’en soucie, en règle générale.  Pas même leurs parents.  De ce nombre, quelques-uns s’enlèveront la vie, n’en pouvant plus de la cruauté de cette dernière.


Et après, on s’étonne de voir autant de gais finir sur le divan d’un psychologue, ce qui renforce encore le préjugé que certains entretiennent encore, sans l’exprimer ouvertement, que l’homosexualité est une déviation mentale. 


Pourtant, l’homophobie n’a pas lieu d’exister.  Si gais et hétéros faisaient une table ronde afin d’analyser leurs différences, tous seraient bien étonnés d’en voir si peu!  Ne sommes-nous pas tous des hommes?  Avec nos qualités et défauts associés au genre masculin.  Et le même raisonnement vaut aussi pour les hétérosexuelles et les lesbiennes.


Osti de fif! Par Jasmin Roy,  Éditions Les Intouchables, 2010, 168 p.


Pour en savoir plus : http://www.lesintouchables.com/

 

Vidéo : Mario Landerman

©2010, zoneculture.com--Tous droits réservés