5 mai 2008 par Evens Kénol


MADONNA II : Une décennie de controverses et de scandales

Madonna s’attaque au marché international en 1984 avec son deuxième album, Like a Virgin, qui se vend à 21 millions d’exemplaires dans le monde, dont 10 millions aux États-Unis. Quatre simples en sont tirés : Like a Virgin, très controversé (mélangeant sous-entendus érotiques et références religieuses), Material Girl, également controversé (apologie cynique des valeurs matérialistes), ainsi que Angel et Dress You Up.

Puis en  1985, Madonna fait sa première tournée intitulée  The Virgin Tour  et elle visitera les plus grandes villes des États-Unis et du Canada pour interpréter les titres de ses deux premiers albums. Elle a 26 ans et elle possède maintenant  une fortune évalué à près de 50 M $ US.

En 1986, elle nous revient avec un nouvel album intitulé True Blue. Elle s’implique davantage dans l’écriture des chansons devenant l’une des plus grandes vedettes féminines de son époque. Plus mature, ce disque est encore un succès et reste son album studio le plus vendu, soit 25.5 millions d’exemplaires depuis sa sortie. Cette fois-ci, se sont ses clips vidéos qui créent encore la polémique : dans Open Your Heart, Madonna s’affiche en strip-teaseuse et Papa Don’t Preach est interprété par les associations pro-avortement comme une chanson anti-avortement. Puis, en 1987, elle effectue sa  première tournée mondiale et l’intitule Who’s That Girl Tour  et elle prend d’assaut  le Japon et  l’Europe sans oublier, évidement, les États-Unis. Madonna fait l’enchantement de la presse parisienne quand elle lance sa petite culotte dans la foule à  la fin de son spectacle devant 130 000 personnes lors du spectacle au Parc de Sceaux près de Paris. Disons que c’était pour une bonne cause car les recettes de ce spectacle ont été versées à L’Association de Line Renaud pour la lutte contre le sida.

Plus de 10 ans se sont écoulés depuis sa décision de quitter le nid familial pour aller à l’aventure dans le Big Apple. Elle a conquit le cœur de million de fans à travers le monde  et, en 1989, elle ressent le besoin de mettre un pansement sur ses blessures du passé. Elle sort donc en mars l’album Like a Prayer. Madonna se confie davantage et elle parle ouvertement de sa rupture avec Sean Penn et de la mort de sa mère ainsi que des relations difficiles avec son père. Ce changement de direction marque une rupture avec ses œuvres passées. On y retrouve des morceaux aux rythmes plus dance, légers et insouciants (Cherish, Dear Jessie et Love Song en duo avec Prince). Cependant, une polémique entoure le vidéoclip de la chanson Like à prayer. On y voit des croix brulées et un Jésus sous les traits d’un homme noir que Madonna embrasse. Pour les rassemblements catholiques, c’est un scandale mais cela n’empêche pas l’album de hisser au sommet des palmarès internationaux durant plusieurs semaines.

Deux versions de Vogue, montrant la fabuleuse capacité de réinvention de Madonna

Avec la sortie de son album I’m Breathless, Madonna rend hommage au jazz et blues des années 1930. Le premier simple, Vogue, qui fait référence au « voguing » (danse pratiquée dans les clubs gay new-yorkais), reste pour certains l’un des plus grands succès de la chanteuse et il est considéré comme l’une des chansons les plus marquantes des années 1990. De plus, cette même année, elle joue le rôle de Breathless Mahoney, aux cotés de Warren Beatty dans le film Dick Tracy. Madonna, qui est au sommet de sa gloire, se lance dans une seconde tournée mondiale. Le « Blond Ambition Tour » est très controversé car on y voit la reine de la pop simuler une masturbation durant la chanson Like a Virgin. Cet acte lui vaudra l’annulation d’une rencontre au Vatican et une tentative d’arrestation par la police de Toronto. Cela ne l’empêche pas de  terminer l’année en beauté avec son premier Greatest Hits, The Immaculate Collection, qui bat des records de vente (plus de 27 millions d’exemplaires).Sans surprise, le vidéoclip du simple Justify My Love fait scandale et il est interdit de diffusion sur MTV.

Enfin, entre les années 1991 et 1992, elle décide de sortir le film Truth or Dare : In Bed  with  Madonna réalisé par Ale Kechichian. Le documentaire sera projeté hors compétition au festival de Cannes. Dans cette même période, elle négocie avec la Warner le renouvellement de son contrat et elle fonde sa propre société de production « Maverick Records ». Le premier produit lancé est SEX, un recueil de photos érotiques mettant en scène la chanteuse. Peu de temps après, Madonna enregistre son sixième album : Erotica qu’elle écrit et coproduit avec Shep Pettibone et André Betts. Le son du disque est jazzy, sombre, et froid, sa voix est grave et les paroles plus tristes que d’habitude. La critique n’accueille pas très bien cet album dont elle ne retient que le caractère sexuel de certaines chansons. Le public devient las des ébats et scandales de la madone. En 1993, afin de pouvoir revenir dans ses bonnes grâces, elle part en tournée mondiale. Avec son Girlie Show, la chanteuse nous offre un spectacle parodique et sexy dans lequel elle rend hommage à ses idoles et revisite ses tubes.

En 1994, elle décide de chanter l’amour et dit tout haut avec Human Nature, un des simples de l’album, qu’elle n’a absolument aucun regret. Avec Bedtime Stories Madonna décide de s’aventurer dans le monde du R&B. Elle coécrit le simple du même titre que l’album avec la chanteuse Bjork. Malgré ce nouveau visage, les ventes ne sont pas celles espérées, seuls deux simples rencontreront le succès : Secret, chanson hip hop composé par Dallas Haustin, et Take a bow, ballade romantique produite par Babyface, qui restera sept semaines au sommet du Billboard américain. Même si l’album ne passera pas à l’histoire, Madonna aura au moins ouvert les portes du monde techno/électro et lui donnera l’inspiration nécessaire pour l’écriture de Ray of Light qui sortira quatre ans plus tard. Entre temps, elle sort une compilation de ses ballades des années 1980 et 1990 (Something to Remember). En 1995, elle attend son premier enfant et elle incarne Eva Peron, célèbre épouse du président argentin Juan Peron, dans le film Evita, adaptation de la comédie musicale du même nom. Et le 14 octobre 1996, Madonna devient mère en donnant naissance à la petite Lourdes Maria Leon.

Inspirée par la naissance de sa fille et les recherches de réponses philosophiques qu’elle a entrainées, Madonna se montre désormais moins provocante et c’est dans cet esprit que sort en 1998, Ray of Light en collaboration avec le producteur William Orbit. L’album, apaisé, oscillant entre le pop et l’électro de la fin des années 1990, lui permet de gagner le respect de la critique et de remporter de nombreux prix. Du coté de sa vie personnelle, elle fait la rencontre du cinéaste britannique Guy Ritchie en 1999 puis donne naissance à son second enfant, prénommé Rocco et elle se marie en 2000.

Du coté professionnel,  elle fait une nouvelle incursion dans la musique électronique et sort l’album Music. Cette fois elle collabore avec l’ex-guitariste des Taxi Girls, le producteur français Mirwais Stass mais elle fait aussi appel encore une fois à celui qui avait permis le grand succès de son précédent album, William Orbit. Donc, guitare sèche et vocoder (effet sur la voix) caractérisent cet album qui jongle entre ballades acoustiques (I deserve it, Gone), et morceaux électro (Music, Impressive instant, Nobody’s Perfect). Dès sa sortie, l’album est un succès partout dans le monde avec 13 millions d’exemplaires vendus  et le single Music devient son douzième no. 1aux États-Unis. Dans cette foulée, la vidéo What I Feel Like For a Girl, réalisée par son mari Guy Ritchie sera jugée trop violente et censurée par plusieurs chaînes de télévision.

Photos et vidéos : Web et YouTube