6 mai 2008 par Evens Kénol


MADONNA III : Hard Candy, du bonbon pour ados !

C’est à Barcelone que Madonna donne le coup d’envoi du « Drowned World Tour » en 2001, après 8 ans d’absence sur scène.

Ce spectacle sophistiqué et plus sombre que les précédents fait la part belle aux deux derniers albums. Puis en  2002, elle tente encore sa chance au cinéma. Cette fois-ci, elle incarne un professeur d’escrime dans le 20e James Bond, Meurs un autre jour, et la même année elle  joue dans le film À la dérive sous la direction de son mari Guy Ritchie. Tout le monde est unanime pour dire que c’est un échec total. Vient ensuite en  2003, le fameux album American Life coproduit par Mirwais. Madonna profite de son statut de vedette internationale pour crier haut et fort son opposition à la guerre en Irak et à la politique de George W. Bush. Pour ce faire entendre, elle décide une nouvelle fois de heurter l’opinion publique : elle apparaît sur la pochette de l’album sous les traits du révolutionnaire Che Guevara devant un drapeau américain déstructuré. Qui plus est, le clip American Life met en scène la guerre et la star en sergent-major jetant une grenade à un sosie du président américain. Il n’en suffisait pas plus pour que le public américain lui tourne le dos. Les radios et les chaînes de télévisions pro Bush, comme Fox, appellent au boycott de l’album et des nouveaux simples. Devant ce retournement de situation, Madonna essaie de calmer le jeu et censure elle-même son propre clip, qu’elle remplace par une version édulcorée. Sauf que, le mal est fait et l’album ne connaît pas le même succès que les précédents.

Même son baiser avec Britney Spears et Christina Aguilera n’a pu faire mousser les ventes.

Suite à cet échec médiatique et pour se refaire une belle image, Madonna lance sa tournée « The Reinvention Tour » en 2004 et les 58 dates inscrites au calendrier seront complétées en quelques heures. Elle en profite  également pour mettre sur le marché  I’m Going to Tell You a Secret, un documentaire qui montre la star proche de ses danseurs, de ses enfants, plus calme, plus posée, et surtout plus spirituelle. Le film de deux heures, tourné par Jonas Akerlünd, retrace la conception et les coulisses de la tournée.

En novembre 2005,, elle sort Confessions on the Dance Floor, écrit et composé avec le jeune producteur anglais Stuart Price. Musicalement, l’album se caractérise par un son néo-disco, une sorte de revival des années 1970-80 assaisonné à la sauce pop/dance. Les tempos lents cohabitent avec les rythmes un peu plus rapides. L’album est un énorme succès, il se classe au sommet des palmarès dans 35 pays et remporte plusieurs prix dont un Grammys Award. Suite à ce succès fracassant, Madonna n’hésite pas et débute sa sixième tournée mondiale en 2006 à Los Angeles. Avec 60 dates, en Amérique du Nord, en Europe, et au Japon, le « Confessions Tour »  est à ce jour la plus longue de toute sa carrière. Chaque lieu visité est transformé en gigantesque piste de danse avec cette tournée et renoue avec la provocation. Durant le morceau Live To Tell, elle se présente devant le public, crucifiée sur une énorme croix et coiffée d’une couronne d’épines. La controverse qui entoure cette scène est telle que dans certains pays la tournée est marquée par plusieurs incidents (fausse alerte à la bombe aux Pays-Bas, protestation des organisations religieuses). Le DVD du spectacle  filmé à Londres remportera le Grammy Award de la meilleure vidéo musicale.

Encore une fois elle fait un saut du coté cinématographique et au mois de mai 2007, elle fait ses débuts en tant que réalisatrice et tourne son premier film, Filth and Wisdom, une comédie de 80 minutes basée sur ses expériences personnelles de chanteuse. Enfin, elle réalise un documentaire sur le Malawi, intitulé I am because We are, participe à la chanson Sing d’Annie Lennox, qui vise à récolter des fonds pour soutenir des organismes caritatifs.

Finalement, le 10 mars 2008, elle se voit intronisée au Panthéon du Rock américain lors de la prestigieuse cérémonie  Rock & Roll Hall of Fame.

Le 11e album s’attaque au marché urbain

Le nouvel album de Madonna Hard Candy, écrit et composé avec l’aide de Justin Timberlake, Timbaland, Danja et Pharell Williams est sorti le 28 avril 2008 dans le monde, et le 29 aux États-Unis. Le coup d’envoi de ce 11e album en carrière pour la Madone s’est fait avec  le vidéoclip du premier simple, intitulé 4 minutes. On y retrouve Madonna et Justin Timberlake qui traversent plusieurs décors représentant la société de consommation (salon, parking, supermarché…) et tentent d’échapper à un épais rideau noir qui dévore tout sur son passage. À la fin, les deux artistes se retrouvent devant un compteur géant pour un final de danse avant d’être aspirés à leur tour par l’ombre noire. Ce clip très attendu n’a pu être disponible pour diffusion officiel que le 7 avril 2008. C’est donc avec fracas et avec plus de 4.5 millions de visionnements sur YouTube en une semaine que Madonna  revient cette année. Déjà plusieurs critiques disent que « les chansons de Timbaland rappellent une version inférieure pour Madonna que celle écrite pour Nelly Furtado (BBC Music). On trouve qu’il s’agit « d’un album sans surprise. Les chansons ne sont pas particulièrement bien écrites mais en revanche très efficaces, remarquablement produites et, du point de vue de l’habillage sonore, extrêmement actuelles et marquée par la patte Timbaland » (cyberpresse.ca).

Ma critique de Hard Candy

Après avoir écouté Hard Candy pour une première fois (j’étais dans mon auto avec des amis), une seule question me venait à l’esprit : Pourquoi, arrivée à ce stade de sa carrière, Madonna ressentait-elle le besoin de s’associer avec des personnes beaucoup plus jeunes qu’elle ? Étant un fan de la chanteuse, j’ai vite mis mon cerveau en mode d’appréciation afin de bien faire mon jugement !

Voici donc les simples que j’aime du 11e album de la Madone : 4 minutes, Give it 2 me, She’s Not Me, Beat Goes On. Cela fait quatre chansons sur un total de 12 et je dois avouer que c’est son album qui me touche le moins côté musical. Il faut dire que je ne suis plus dans la vingtaine et que le genre Hip Hop n’est pas mon style préféré !! Madonna aussi est loin d’avoir 20 ans et pourtant c’est le marché qu’elle vise cette année avec Hard Candy. Simplement regarder avec qui elle chante sur cet album pour en être convaincu…Ceci dit, je reconnais ici que c’est avant tout une question de vente car la vache à lait de Warner quitte la fameuse étiquette de disque cette année (elle leur doit encore un dernier disque, soit un autre Greatest Hits).

Beaucoup diront que l’artiste est victime du marché et de l’industrie qui ne permet plus de vieillir dignement sans besoin de se faire rajeunir par quelque moyen superficiel possible. À notre époque, il faut à tout prix rester jeune sinon, on est relégué avec ceux et celles qui perdent leur habileté à performer. Maintenant, il faut être jeune, beau, en forme et aussi avoir 30 ans d’expérience !! On ne peut plus dire « Si jeunesse savait et si vieillesse pouvait » Au rythme que ça va, c’est une course  contre la montre, qui fait tic tac et nous sommes certains d’être essoufflés. De plus, dans notre société de consommation, il ne faut pas se le cacher, rien de dure longtemps et tout est vite mis au recyclage. Donc, pour un artiste qui  désire que ses chansons restent  au palmarès, vaut mieux suivre le courant et se garder au parfum de ce qui se passe maintenant. Avec l’existence de YouTube, des iPod, et de toute les autres moyens de divertissement qui existent, j’irais jusqu'à dire que c’est rendu très commun et même dépassé de se croire avant-garde en tant qu’artiste.

En même temps, force est de constater que c’est les enfants des baby boomers qui ont le pouvoir d’achat aujourd’hui et ce qu’ils aiment c’est la réalité de la vie (le futur qui se vit aujourd’hui). Donc, tout les efforts de mise en marché visent ceux qui font rouler l’économie et ce, sur tous les plans. Évidement, cela ne justifie pas que Madonna veuille s’approprier la part du gâteau des jeunes ados avec ce nouvel album très bonbon car bien des fans lui en voudront  pour ça. D’autre diront qu’elle essaie de retarder le temps (ou même de le reculer) afin de me pas être considérée comme une star du passé !  La gloire est une drogue dont on ne peut s’en passer.

Peu importe, on finit toujours par parler de Madonna. N’oublions pas que son QI est au-dessus de la normale…Même si elle approche la cinquantaine. Hard Candy, ça ne change pas le monde sauf que...

Photos et vidéos : Web et Youtube