Royal du Perron
Lundi, 5 octobre 2009
par Royal du Perron
 

Pagliacci-Gianni Schicchi

Exceptionnelle rentrée à l’Opéra de Montréal



Quelle rentrée spectaculaire nous offre cette année l’Opéra de Montréal, avec une distribution presqu’entièrement québécoise et canadienne. 


D’abord Pagliacci, ce court opéra en deux actes et un prologue de Ruggero Leoncavallo, est présenté en ouverture. Des comédiens ambulants, dirigés par le très jaloux Canio, annoncent le prochain spectacle. Lors de la représentation, Canio joue Paillasse, trompé par sa femme Colombine, incarnée par sa femme Nedda, Canio a des raisons de douter de la fidélité de son épouse et la comédie deviendra tragique alors que les comédiens sortent de leur rôle. Cette œuvre est fort connue de tous les publics québécois, Roger Lemelin ayant fait interpréter sur grand écran la finale de Paillasse par le personnage d’Ovide Plouffe.


Un choix judicieux qui met en valeur les magnifiques voix du ténor Marc Hervieux (Canio), de la soprano Marie-Josée Lord (Nedda), du baryton Gregory Dahl (Tonio), du baryton-basse Étienne Dupuis (Silvio) et du ténor Pascal Charbonneau (Beppe). Marc Hervieux interprète superbement un Canio et Marie-Josée Lord rend bien une Nedda parfaitement en maîtrise de sa voix y compris dans les finales. Mention aussi à Étienne Dupuis, magnifique dans son incarnation de Silvio. Une mise en scène alerte, un décor inventif et des jeux d’acteurs tout à fait à point. 



En deuxième partie, Gianni Schicchi de Giacomo Puccini constitue une autre belle et grande révélation de la soirée. À la mort du vieux et richissime Buoso Donati, sa famille est désorientée à la lecture du testament : le vieillard laisse tous ses biens à une communauté religieuse. Le rôle-titre remet sur scène Gregory Dahl entouré notamment de la soprano Marianne Fiset dont l’interprétation sublime de Lauretta) vaudra un tonnerre d’applaudissements. Quel plaisir aussi de voir évoluer l’alto Marie-Nicole Lemieux dans la peau d’une Zita fouineuse et rusée ainsi que le ténor Antoine Bélanger campant à merveille un Rinuccio follement amoureux.


Un mot sur les décors avec la ville de Florence en arrière plan astucieusement utilisée. Belle trouvaille du concepteur Olivier Landreville que ce double emploi d’une toile de fond florentine, au demeurant fort réaliste, servant parfaitement bien les deux œuvres.  La mise en scène d’Alain Gauthier, efficace et drôle, mérite aussi d’être soulignée. Il faut voir les personnages évoluer en sautillant dans la chambre du «mourant».  C’est du grand art et, tout comme ses camarades, Marie-Nicole Lemieux est vraiment superbe. L’Orchestre symphonique de Montréal est habilement dirigé par James Meena et le Chœur par Claude Webster. Une équipe formidable qui donne des résultats fabuleux.  Plus besoin d’importer de grands talents, nous les avons ici. De plus, ces deux opéras magnifiques s’adressent à tous les publics.



Pagliacci et Gianni Schicchi à l’Opéra de Montréal
Salle Wilfrid-Pelletier de la PDA jusqu’au 8 octobre


Pour en savoir plus :  www.operademontreal.com


Photos et vidéos :  Mario Landerman

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