Royal du Perron
Vendredi, 25 mars 2011
par Royal du Perron

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Salomé

Salomé et les mortelles amours


C’est dans un décor unique et sans entracte que l’Opéra de Montréal présente Salomé de Richard Strauss d’après la pièce d’Oscar Wilde écrite en français. Le livret a été rédigée en allemand par Hedwing Lachmann.


Le roi Hérode, interprété par le ténor canadien John Mac Master, tue son frère pour épouser sa femme Hérodiade incarnée par la mezzo-soprano Judith Forst.  Cette dernière a une fille Salomé, judicieusement campée par la soprano germano-italienne Nicola Beller Carbone. Salomé aimerait bien pouvoir embrasser Jean-Baptiste, qu’on appelle ici Jochanaan (Robert Hayward) sur la bouche mais ce dernier la repousse, la qualifiant de «fille de Sodome».


Quand Hérode supplie Salomé de danser pour lui, il lui promet de réaliser un de ses vœux, quel qu’il soit.  Habitée d’un noir dessein, Salomé s’exécute, puis réclame sur un plateau la tête de Jochanaan.  Enfin, elle pourra se venger et tout de même embrasser les lèvres encore chaudes de celui qui vient de mourir.


Les interprétations des principaux personnages sont excellentes. Le baryton-basse Robert Hayward rend un Jochanaan à la fois viril, pur et déterminé. John Mac Master s’acquitte bien de son personnage d’un Hérode, libidineux à souhait. Quant à Nicola Beller Carbone, qu’on avait applaudie dans La Tosca l’an dernier, il faut souligner ici son merveilleux travail d’interprétation.  Elle livre une Salomé éclatante de cruauté, de luxure et de vérité.  Son numéro de danse (voir notre vidéo) chorégraphié par le metteur en scène Sean Curan à lui seul vaut le déplacement. Le décor représente un couloir du palais prenant divers aspects selon les éclairages de Paul Palazzo. Entre autres  prouesses, ils permettent les rapides changements de costumes dans le noir à l’arrière-scène. Le décorateur Bruno Schwengl signe aussi les costumes et il mérite mention pour la robe d’Hérodiade, évoquant à la fois le stupre et la fatalité, ainsi que pour les longs voiles diaphanes, savamment utilisés, de la cruelle Salomé.


L’Orchestre Métropolitain, dirigé par Yannick Nézet-Séguin se marie parfaitement bien aux voix. Salomé de Richard Strauss, un opéra qu’il faut visiter, un personnage dont il faut se méfier.



En allemand avec surtitres français et anglais.


À la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts, jusqu’au 31 mars. Réservations : (514) 842-2112


Pour en savoir plus : www.operademontreal.com

 

Photo : Yves Renaud

Vidéo : Mario Landerman

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