Royal du Perron
Lundi, 22 mars 2010
par Royal du Perron
 

Simon Boccanegra

Simon Boccanegra : une belle réussite



Ce n’est peut-être pas l’opéra le plus éclatant de Verdi mais la musique, les interprètes, le chœur et les décors valent certainement  le détour. D’autres œuvres du grand compositeur italien ont connu plus de popularité, qu’on pense à Nabucco, Traviata, Rigoletto...


En bref, voici l’histoire telle que mentionnée au programme, dans la description du premier acte : « Dans son palais, Amelia Grimaldi attend son amant Cabriele Adorno, un noble.  Craignant pour la vie même de Gabriele, elle lui demande d’arrêter ses intrigues politiques contre le peuple. Fiesco (déguisé sous les traits du moine Andrea) apprend à Gabriele qu’Amelia est en fait une orpheline qu’on a remise à la famille Grimaldi. Survient Boccanegra qui demande la main d’Amelia pour Paolo, son homme de confiance. Amelia, réticente au mariage, avoue son amour pour Gabriele et ses origines modestes.»  Voici également comment le programme décrit le troisième acte, qui aidera à comprendre notre vidéo chanté en italien : «La révolte populaire est mâtée. Gabriele obtient la main d’Amelia. Fiesco est libéré et Paolo est mené au supplice. Il apprend à Fiesco l’empoisonnement du doge.  Entre Boccanegra qui reconnaît son ancien ennemi Fiesco et lui révèle qu’Amelia est en réalité sa petite-fille. Les deux ennemis se réconcilient. Boccanegra agonisant annonce que Gabriele sera son successeur comme doge de Gênes. »



Une belle histoire d’amour, de mensonges et subterfuges vécue à l’époque de la Renaissance italienne avec tout ce qu’elle a de splendeurs.  Une époque qui a inspiré le peuple français et dans une certaine mesure, toute l’Europe.  Les décors du Prologue sont  plutôt sombres mais dès le premier acte, la scène s’illumine. Le rôle de Maria Boccanegra/Amelia Grimaldi est tenu par la merveilleuse soprano Hiromi Omura dont les Montréalais ont apprécié l’immense talent dans Madame Butterfly en 2008. Dans ce Boccanegra, la chanteuse nippone est  également en maîtrise de sa voix superbe.  Quel bonheur de l’entendre. Par ailleurs, Alberto Cazale, qui fait ses débuts à l’Opéra de Montréal, campe un Simon Boccanegra des plus crédibles. La voix puissante du baryton nous enveloppe quand le chanteur se lance dans de grandes envolées. 


J’ai bien apprécié aussi la présence sur scène de Burak Bilgili dans le rôle de Jacopo Fiesco, ainsi que du ténor Roberto De Biasio dans le personnage de Gabriele Adorno.


Les déplacements des personnages, des figurants et du chœur sont réglés à perfection sous l’habile direction de l’Américain David Gately. L’Orchestre Métropolitain est habilement dirigé par Keri-Lynn Wilson et le chœur par Claude Webster. Les décors de John Coyne restituent fidèlement, la riche et prolifique époque de la Renaissance italienne. Une production de presque trois heures incluant, les pauses et l’entracte.  Une production magnifique, un spectacle splendide. Bref, une belle réussite.


Simon Boccanegra de Giuseppe Verdi, livret Francesco Maria Piave, Production du San Diego Opera, chanté en italien avec surtitres français et anglais, Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts, jusqu’au 25 mars.


Billetterie :  (514) 842-2112


Pour en savoir plus : www.operademontreal.com


Photos et vidéo : Mario Landerman

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