Mario Landerman
Mardi, 19 janvier 2010
par Mario Landerman
 

Port au Prince

Haïti : Pourquoi?


Le 12 janvier 2010, peu avant 17 heures, l’enfer a décidé de changer de nom, et de s’appeler Haïti.  Le violent séisme qui a dévasté la capitale, Port-au-Prince, a complètement anéanti l’élan d’un pays qui, bien que pauvre, tentait vaillamment de s’en sortir.
La question qui est sur toutes les lèvres, plus d’une semaine après la catastrophe, c’est «Pourquoi?».


Personne n’a les réponses et ne les aura jamais.  La Nature étant ce qu’elle est, on ne peut que s’incliner devant son méfait, le coeur lourd.


Cependant, beaucoup de bien peut sortir de ce malheur, notamment en montrant le genre humain dans ce qu’il a de meilleur, la compassion, la générosité et l’aide humanitaire.  D’autant plus que le Québec, comme on le verra plus loin, a une dette morale envers Haïti.


Nous pourrions, à ZoneCulture, vous bombarder d’images toutes plus sanglantes et écœurantes les unes que les autres.  Pourquoi le faire?  Les réseaux de télévision s’en chargent, nous semble-t-il, avec une certaine délectation. Tellement que je ne peux faire autrement qu’émettre la crainte qu’on insensibilise les gens face à ce grand malheur.


Je préfère plutôt vous montrer Port-au-Prince dans toute sa splendeur, à une époque avant que la «perle des Antilles» ne soit dissoute dans le vinaigre de la dictature, de la corruption et des cataclysmes naturels.



Comme je le disais, le Québec a une dette morale envers Haïti.  Dans les années 80, au plus fort de la dictature du président Jean-Claude Duvalier, familièrement appelé Bébé Doc (dans les traces de son père François) et la terreur des tontons-macoutes, il était de bon ton dans les sociétés financière et artistique d’aller voyager dans ce pays.  Tout en serrant la main du dictateur, s’extasiant sur les bijoux et toilettes de la première dame, Michèle Bennet, acceptant les cadeaux princiers achetés avec de l’argent volé au peuple.


On se bousculait pour se faire photographier avec les Duvalier, et au retour de voyage, on relatait force souvenirs du séjour si enchanteur parmi les palmiers...tout en omettant délibérément de se souvenir que hors des hôtels et du palais, les gens vivaient dans la terreur.


Pourquoi?


Les années 80 sont derrière nous, c’est le présent qui compte. De nombreuses œuvres et actions humanitaires ont été créées pour venir en aide aux sinistrés.  Je demande, je prie les gens de faire leur part pour aider à la reconstruction.  Dans l’immédiat, il faut de la nourriture, des médicaments et des vêtements.  Mais plus tard, il faudra des matériaux de construction et de la main d’œuvre qualifiée pour la reconstruction.


Faisons en sorte d’effacer les erreurs du passé, et de ce malheur, ressusciter une Haïti nouvelle, plus forte, plus fière et plus moderne que jamais.

 

Photo : Martin Baran
Vidéo : YouTube, niggadon47

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