Andréa Richard
Mercredi, 3 février 2010
par Andréa Richard
 

Les vrais saints ne sont pas ceux qu’on pense !

Photo 1
Chasse de Ste Thérèse de l'Enfant Jésus

Pendant qu'au Vatican on dépense des millions de dollars par année en frais d'avocats et d'experts pour prouver l'existence ou la non existence des miracles attribués aux candidats à la «sainteté» (entre autres les papes Jean-Paul II et Pie XII, ainsi que le controversé fondateur de l'Opus Dei, canonisé par Jean-Paul II en 2002), il y a des gens bien ordinaires et équilibrés que nous pourrions canoniser Vox Populo (par la voix du peuple), et cela, sans aucun frais. Par exemple :

–        le couple Pascal Croteau/Julie Légaré qui n'a pas hésité à aller chercher lui-même sa fille adoptive Lisa en Haïti, à affronter toutes les embûches et à débourser les milliers de dollars que cette démarche implique;


–        les Sylvain Ricard/Chantal Périgny qui ne couchent pas sur le sol ni ne se flagellent comme l'un des deux  papes susnommés, mais dont l'action humanitaire (ils en sont à leur quatrième enfant adopté) s'inscrit davantage dans l'esprit de Jésus et de l'évangile. Leur vie entière est consacrée au bonheur des enfants;


–        Mme Ginette Gauvreau, cette femme au grand cœur qui se dévoue depuis plusieurs années pour sortir les enfants de la misère et de la pauvreté;


–        Mme Magalie Marcelin qui, après avoir obtenu son doctorat en droit à l'Université de Montréal, est retournée en Haïti pour défendre les droits des femmes et qui y a malheureusement laissé sa vie lors du dévastateur séisme qui vient d'affliger la Perle des Antilles.


-     Je pense aussi à ces milliers de médecins, bénévoles et secouristes partis en Haîti pour soulager les blessés.

Ces gens-là seront-ils canonisés? Ah! si j'étais plus jeune, comme j'aimerais moi aussi aller chercher de ces enfants! Sans prétendre à la canonisation, je crois que le plus beau geste de ma vie a été de secourir, dans les années 60, dans une banlieue de Paris (Levallois-Perret) une vieille femme agonisante, seule, couchée sur un tas de chiffons. J'avais pris la liberté de la sortir du taudis qu'elle habitait et de l'emmener au couvent pour la soigner moi-même.

La reconnaissance de ces gens que nous pouvons soulager est bien plus qu'une récompense! Merci et bravo à tous ces gens qui se dévouent pour soulager la misère des malheureux. Vous, vous êtes les vrais saints!

J’ai vécu chez les Carmélites

Andréa Richard

Pour y avoir vécu quelques années, je peux en témoigner.  J’ai eu la tuberculose pour avoir eu froid jours et nuits sans la permission de porter un lainage (c’était interdit).  Malade, je l’ai entendu de mes oreilles : «Nous n’avons pas le choix, il faut la faire soigner car son frère est avocat, la famille pourrait  venir contre nous!»  J’ai donc été soignée aux frais de ma famille, dans un sanatorium, évitant ainsi le piège de la canonisation.


Photo 2
Sainte-Thérèse sur son lit de mort


Thérèse Martin n’aura pas eu cette chance, faute de soins, elle est morte dans un cloître français, devenant ainsi Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Loin de se sentir coupable, l’Église s’en fait une «gloire». Comme la mère qui se fait une gloire d’avoir un enfant kamikaze, alors que l’Église est, en quelque sorte responsable de cette mort provoquée par un excès de jeûnes, de pénitences et, surtout, par le froid qu’elle a dû supporter, tragique résultante des règlements cruels et insensés appliqués dans les cloîtres et fort encouragés par le pape. Qu’une jeune fille de 24 ans soit morte dans de telles conditions de vie dépasse l’entendement et relève, à mon avis, d’un véritable scandale! Aujourd’hui, si cela se reproduisait, la famille accuserait l’Église et le monastère de négligence criminelle et elle aurait recours aux tribunaux. Thérèse de l’Enfant-Jésus n’est donc pas morte pour la gloire de Dieu, comme l’Église veut bien le faire croire, ni pour la gloire de l’Église. Les autorités de l’Église ne devraient-elles pas avoir honte ? Et dire que ces mêmes autorités condamnent les sectes – où se développent les mêmes pratiques – qui obligent leurs membres à des excentricités, à des pratiques inhumaines et masochistes. Ouvrons les yeux… chez nous, dans l’Église catholique, les cloîtres, ne sont-ils pas des sectes ?  

Andréa Richard, auteure de Femme après le cloître

(NDLR) : Si les cloîtres ne sont pas des sectes et n’ont rien à cacher, pourquoi n’ouvrent-ils pas leur porte aux visiteurs, cela dissiperait les doutes.   

 

Photos : Web, Andréa Richard

©2010, zoneculture.com--Tous droits réservés